30 septembre 2009
Apéritif à Menton
Chers amis,
Je rentre de Menton, ville à palmiers et à parfums nichée entre le rocher monégasque et la frontière italienne.
Quelques images de ce bref séjour littéraire et balnéaire. Comme vous pouvez le constater, je commande désormais du Perrier à la terrasse des cafés, accompagné ici de " socca ", la spécialité crêpière au goût poivré dont plusieurs villes de la Côte se disputent la paternité. Et j'écris partout où je peux, sur un beau carnet Moleskine…
29 mai 2009
Menu austral
Chers amis,
Il est rare qu'un Français en voyage ne se préoccupe pas de cuisine et, attablé, ne commente longuement les plats qui sont servis. Nous disposons par exemple des notes culinaires que nous ont léguées nos compatriotes du XVIIe siècle, en visite aux Pays-Bas de l'âge d'or. Elles sont pour le moins sévères : la cuisine ne figurait pas, il est vrai, parmi les priorités hollandaises (phrase qui d'ailleurs peut se conjuguer au présent).
Qu'en est-il de la cuisine kiwi ? Peut-être devinerez-vous mon opinion en apprenant que j'ai minci (10 kilos de moins) durant les cinq mois de mon séjour aux antipodes. Ce n'est pas faute, pourtant, d'avoir fréquenté les restaurants… Pour preuve, cette photo de Benjamin, mon convive habituel dans l'île du sud : au premier plan, le plat très copieux que j'avais commandé…
11 mars 2009
Pour pratiquer votre anglais…
Chers amis,
J'achèverai demain une petite tournée de conférences qui m'a conduit du nord au sud de la Nouvelle-Zélande, d'Auckland à Dunedin, sous un ciel souvent gris et parfois tempétueux (ainsi dans la péninsule d'Otago où de vaillants albatros royaux affrontaient sans s'abriter, de surcroît face au vent, des rafales jusqu'à 140 km / h).
Ponctuellement, la presse locale s'est fait l'écho de mon passage.
Une caméra parfois m'a filmé : ainsi pour ce bref sujet de Channel 9, une chaîne de Dunedin.
A noter qu'en programmant ce lien vers la vidéo, je fais preuve d'un certain courage… Car, pour ma part, je déteste me voir à l'écran, surtout si l'image est animée. Les seules photos que je tolère sont celles que j'ai prises moi-même, après un rasage soigné et une bonne nuit de sommeil, en choisissant mon profil et en rentrant le ventre ; parfois même en nouant une cravate, comme ici :
(C'était avant un dîner à la Résidence de France)
Mon miroir et moi sommes brouillés. On appelle cela vieillir, je crois !
01 mars 2009
Message des antipodes (9)
Chers amis,
Une bonne nouvelle : j'ai mis en ligne cet après-midi plus de deux cents photos de notre périple dans l'île sud de la Nouvelle-Zélande. Les albums, numérotés de 1 à 16, suivent peu ou prou l'itinéraire de notre circuit automobile, retracé sur cette carte :
Au total, 3740 kilomètres parcourus sous un ciel variable, mais qui avait le bon goût de s'éclaircir quand le mauvais temps aurait gâché le paysage… Ce sont surtout nos heures de route qui ont pâti des averses. Dès que nous descendions de voiture, miraculeusement le soleil réapparaissait ! Le lac Wanaka, les Malborough Sounds, le lac Tekapo et son observatoire astronomique figurent parmi nos étapes favorites. Mais j'ai passé un bon moment aussi, une fois Benjamin reparti, dans " l'Aviation Heritage Centre " de Blenheim, un musée de vieux avions à la scénographie exceptionnelle. D'où le dernier album, un peu insolite dans cette sélection…
Je consacrerai d'autres billets à l'évocation de tels ou tels moments de notre voyage. Pour l'heure, régalez-vous les yeux !
08 février 2009
At work
Chers amis,
Voici à quoi ressemble mon environnement de travail à Wellington, Nouvelle-Zélande…
Le dictionnaire des combinaisons de mots, la photo de ma fille, le téléphone, les guides de Nouvelle-Zélande, l'étui à lunettes, le verre de vin (c'est plus souvent une tasse de café) et mon invité surprise… un chat noir qui depuis quelques jours, passe souvent dans ma fenêtre. J'envisage sans superstition ce visiteur du matin. C'est mon ami, plutôt, et le fidèle compagnon des écrivains !
31 janvier 2009
Jamais trop tard…
… pour vous souhaiter, à vous chères lectrices (en majorité semble-t-il) et chers lecteurs, une année 2009 conforme à vos vœux. Plusieurs d'entre vous ont déjà reçu le message ci-dessous sur leur messagerie électronique. Qu'ils me pardonnent ce doublon, mais je voulais que l'ensemble des visiteurs de ce blog en profitent.
J'ai connu face à ce paysage du Northland, une région septentrionale de la Nouvelle-Zélande, un moment de grâce que je souhaitais partager avec vous. Voici donc, composé d'une dizaine de clichés pris à la volée (d'où ce méchant effet d' "escalier"), un panorama de la mer de Tasman d'une rare sérénité… Puisse-t-il vous inspirer une année 2009 paisible et parfumée !
Affectueusement,
Olivier Bleys
27 janvier 2009
Ce matin…
Trois énormes Maoris aux faces grimaçantes menaient une sarabande dans le jardin du Randell Cottage, la résidence d'écrivain que j'occupe à Wellington, Nouvelle-Zélande. On pouvait croire que des voyous tournaient à moto autour de la maison, comme dans un roman d'Alan Duff. En vérité, il s'agissait seulement de jardiniers, armés d'inoffensives tondeuses à gazon.
Mais le réveil en sursaut qu'ils m'ont infligé est bien à l'image de ce voyage retour en Nouvelle-Zélande, l'un des plus mouvementés que j'ai accomplis. Jugez-en plutôt…
La veille de mon départ, l'aéroport de Bordeaux était fermé pour cause de tempête historique :

Une carte Météo France datée du samedi 24 janvier, veille de mon départ pour la Nouvelle-Zélande
L'école fréquentée par ma fille est d'ailleurs fermée jusqu'à la fin de semaine : un plafond s'est écroulé, une verrière a volé en éclats, le chauffage est hors service. Il s'en est fallu de peu que mon voyage fût reporté.
Première escale : Londres. Victime d'un problème électrique, l'avion rempli de passagers reste cloué au sol deux heures durant. Puis il décolle, mais avec un bruit de vieille cafetière qui n'augure rien de bon. D'ailleurs, un vrai tacot ce Boeing 747.… Lumière en panne, écrans hors service. Les Airbus sont bien plus confortables et, me semble-t-il, mieux entretenus. Au crédit de British Airways, signalons toutefois la bonne qualité des salades de leurs plateaux-repas.
Deuxième escale : Bangkok. Le retard de notre avion sème la panique dans cet aéroport tout neuf. J'attrape difficilement le suivant.
Troisième escale : Sydney. L'avion pour la Nouvelle-Zélande a une heure de retard. Pourtant, ma valise ne trouve pas le chemin de la soute et reste en Australie.
Ma destination, Wellington en Nouvelle-Zélande : touchant terre avec 90 minutes de retard, au grand dam de la personne venue me chercher, je m'aperçois de la perte de ma valise. Un chien dressé à flairer les bagages renifle au même moment sur mon sac à dos, pourtant vide de toute nourriture, la trace éventée d'un ancien biscuit. Je m'attarde à la douane.
Cependant, tout est bien qui finit bien. La valise m'est livrée le lendemain au Cottage, avec les compliments et les excuses des autorités. Je peux enfin prendre une douche et changer de vêtements. Miracle, les deux bouteilles de Bordeaux que j'apportais sont parvenues intactes :
15 janvier 2009
En direct de Genève
Chers amis,
J'évoquais tantôt avec Catherine Guillebaud, directrice des éditions Arléa, l'emploi du temps chargé de son époux, l'écrivain et journaliste Jean-Claude Guillebaud, qui donne en moyenne deux cents conférences par an…
Mon palmarès est plus modeste, cependant me voici à Genève pour quelques jours, avant un second départ pour la Nouvelle-Zélande. J'ai pris froid et suis enroué, ce qui complique naturellement ma prestation de conférencier ! Deux clichés pris cet après-midi dans ma chambre d'hôtel :
Si j'ajoutais le son, vous entendriez une voix très éraillée, descendue du baryton, ma tessiture naturelle, à une basse digne des grands rôles de Wagner.
J'ai constaté avec tristesse que prendre l'avion ne me donnait plus aucune émotion, qu'il en était désormais des aéroports comme des gares. C'est que j'ai voyagé six fois, pour le seul mois de décembre, et couvert 25 000 kms à moitié moins d'altitude.
Voilà… un billet pour rien, mais j'avais trop tardé à poster !
Soyez heureux en cette nouvelle année et, comme l'ont écrit des amoureux dans la nuit du 26 décembre 2008 sur une voiture garée dans l'avenue de Villars, à Paris :
… S'aimer ? On veut bien ! Mais réunir la paire n'est pas toujours facile ! Votre serviteur peut témoigner.
21 décembre 2008
La solitude du voyageur
Chers amis,
Mon billet sur les îles Samoas n'était pas complet.
Il manquait quelques photos que le consul honoraire de France à Apia, Mme Zita Tago Martel, également responsable de l'agence touristique Polynesian Explorer, vient de me communiquer. Je vous laisse jeter un œil…

De gauche à droite : votre serviteur vêtu d'une veste québécoise, intolérable sous le climat tropical ;
S.A. Tupua Tamasese Tupuola Tufuga Efi, chef de l'Etat des Samoa ;
Son épouse ;
Zita Martel.
Lors du déjeuner qui précéda ;
En compagnie de Zita Martel, peu avant de reprendre l'avion.
Par ailleurs, vous lirez ci-après quelques réflexions sur la solitude du voyageur, griffonnées pendant mon périple dans l'île du nord de la Nouvelle-Zélande :
Je dois réfléchir
pourquoi voyageur seul m’est si intolérable, pourquoi les plaisirs d’un
voyage solitaire me semblent amputés, pourquoi je ressens moins ou mal
et n’ai enfin qu’une hâte : prendre le chemin du retour. Je n’ai jamais
cru aux figures vertueuses de la solitude. L’ermite, le saint homme
retranché dans sa grotte, le marcheur reclus chaque nuit dans une tente
étroite ou ce pauvre garçon que j’ai vu tout à l’heure, chevauchant un
vélo alourdi de bagages sont pour moi à plaindre. « Un homme seul est
toujours en mauvaise compagnie » : je puise dans cette phrase de Paul Valéry
une certitude profonde : sauf écrire, il ne m’est rien donné
d’accomplir dans la solitude. Au contraire, elle me grise et m’étiole. C'est au
point — mes amis vous le diront — que je ne peux ordinairement boire de
café ou savourer de dessert si mon partenaire de table n’épouse le même
choix.
Quelques pétales sur un banc samoan
La liberté dont j’ai joui pendant ce voyage paraîtra
enviable à beaucoup. Je disposais de mon temps, de mon itinéraire, d’un
véhicule confortable et d’assez d’argent pour déambuler à ma guise. Or,
dès le premier jour, il m’a semblé errer. La contingence des choses et
des faits m’est plus sensible, c’est certain, qu’à la moyenne des
êtres. Chaque matin, quittant le motel ou l’auberge de jeunesse au
volant de ma voiture, je ne voyais pas de raison d’aller ici plutôt que
là, de préférer la plage aux collines, le musée au parc ostréicole.
Cette question douloureuse, « à quoi bon ? » me saisissait à tout
instant. Elle savait ternir les plus beaux paysages et affadir même
l’exceptionnel.
Il ne faudrait pas que cet avertissement dérange votre
lecture de mes billets néo-zélandais, où rien n’en demeure. Cependant,
c’est décidé : je renoncerai à mon périple de février dans l’île du sud, pourtant
le plus prometteur, si je dois l’effectuer seul !
09 décembre 2008
Message des antipodes (6)
Chers amis,
La superficie de la Nouvelle-Zélande égale la moitié de celle du territoire français. Mais le relief y est partout difficile et les routes, tournantes et peu commodes. A la campagne, on ne parcourt guère trois kilomètres sans rencontrer une section en travaux. Ce sont parfois des travaux d'envergure, justifiant la présence de feux alternés mais, le plus souvent, des réparations provisoires : des cantonniers en habit orange, armés de pelles et de râteaux, comblent les fondrières avec du gravier. Toutes les routes, du reste, ne sont pas goudronnées. Pour rejoindre la côte, atteindre une vallée isolée, on doit souvent emprunter des pistes caillouteuses. Ici, posséder un véhicule tout-terrain n'est pas superflu.
Sur les routes les moins fréquentées, mieux vaut s'armer de prudence !
Autre problème des routes néo-zélandaises : les animaux errants, échappés d'un pré voisin ou d'une basse-cour, et qui surgissent à l'improviste sous vos roues. Maints accidents, je suppose, pourraient être évités si les clôtures retenaient mieux le bétail qu'elles sont censé enclore…
Quelques animaux rencontrés sur la route — certains m'ont causé de belles frayeurs
Dans un pays où l'on se préoccupe tant de sécurité (safety) et où les hôteliers, quand vous leur téléphonez pour prendre une réservation, vous conseillent " drive safely ! " (conduisez prudemment ; " … car le paradis est complet " ajoutent les panneaux des îles Samoas), dans ce pays donc, il me semble impératif d'améliorer l'entretien des routes.
Pour ce qui est de la sécurité, la Nouvelle-Zélande n'est pas sans rappeler la Suisse. La devise de la police locale, rappelée ci-dessus, " Ensemble, une société plus sûre ", évoque le système de surveillance mutuelle, entre voisins, instauré dans nombre de quartiers néo-zélandais mais aussi helvètes.
Dans les centres villes, boire publiquement de l'alcool (et même, emporter une bouteille avec soi) est souvent prohibé.
On se préoccupe autant des incendies de forêt…
… que des vols de voitures. Jusque récemment, les Néo-Zélandais ne fermaient pas leur véhicule.
Mais c'est surtout à l'égard des risques naturels, en particulier des tremblements de terre que les Néo-Zélandais se montrent vigilants. Beaucoup d'espaces publics prévoient un " point de rassemblement " vers lequel converger en cas de catastrophe.
Le seul panneau relatif à des animaux dangereux que j'ai pu voir en Nouvelle-Zélande. Il s'agit… des cygnes noirs du lac Rotorua
Conduire en Nouvelle-Zélande n'est pas de tout repos. Cependant, ma vieille Audi s'est sortie vaillamment de toutes les situations.
Des lecteurs de ce blog m’avaient mis en garde contre la conduite à gauche, en vigueur ici comme en Australie ou en Grande-Bretagne. J’appréhendais beaucoup, moi aussi, de rouler de ce côté de la route, mais aussi de m’asseoir là où chez nous prend place le passager avant, avec le levier de vitesse à main gauche, les clignotants où sont habituellement les commandes d'essuie-glaces, etc. En réalité, on s'y fait assez bien.
On m'avait averti également des longues distances à parcourir, et du temps qu'il me faudrait passer au volant. De fait, j'ai bouclé mon tour de l'île du nord avec 3800 kms au compteur et, sur certains tronçons, un plein d'essence quotidien. Mais ce rallye automobile dont voici grossièrement retracé l'itinéraire :
… m'a permis de feuilleter climats et paysages dans la plus grande liberté, sans m'interdire de longues randonnées, des visites approfondies et l'écoute assidue des podcasts de France Culture. Se lever tôt (souvent avant six heures), se coucher de même — du reste comme beaucoup de Kiwis : telles étaient les conditions d'un voyage réussi. Ajoutons une pincée de chance, qui m'a assuré partout du beau temps ; les rares journées de pluie étant celles des longs parcours automobiles.
La Nouvelle-Zélande est renommée, avec raison, pour ses paysages. Ils sont splendides, en effet : des compositions majestueuses de roche, d'herbe crue, de sable noir et d'eau turquoise qui sont un enchantement pour le regard. La nature y ajoute son propre talent : des pins aux formes tourmentées, des genêts jaunes et odorants, des fougères en panache, des feuillages argentés… Certaines routes sont bordées d'herbe rouge - couleur aussi d'une algue qui prolifère dans les mares à moutons.
L'ensemble est vif, contrasté et offre, bien sûr, des occasions superbes au photographe. Vous trouverez dans la rubrique " albums photos " (colonne de droite, ci-contre en bas) 10 nouveaux albums photos, soit 323 clichés, offrant un aperçu assez large des paysages, des gens, des routes que j'ai rencontrés pendant ce périple dans l'île nord. Bon voyage !














































































