volubilis

Le blog littéraire, hédoniste et jardinier d'un écrivain, Olivier Bleys.

13 mars 2008

Contemplation

Chers amis,

J'ai longtemps été hostile, non par principe mais par goût, à la construction sur terrain nu. Force est de reconnaître que pour un bâtiment de qualité, né sous le crayon d'un architecte dans le respect de l'environnement, il y a mille pavillons sans âme qui gâchent le paysage.

Si toutefois je devais, un jour, quitter la vieille échoppe où j'habite pour une maison neuve, j'en dessinerais soigneusement les plans. Elle comporterait trois chambres d'amis, un grenier, une salle de jeu (voire une salle de billard), une pièce dédiée à la musique, une autre à la sieste, une chapelle privée et même… un observatoire astronomique.

Tel est mon rêve : disposer chez moi d'une pièce ronde coiffée d'une coupole de cuivre (voir illustration ci-dessous) que je pourrais entrouvrir les jours de beau temps pour pointer ma lunette sur les astres.

observatoire

L'ancien observatoire de Neufchâtel — modèle de ma future maison

Je suis amateur d'astronomie sans rien y connaître, et sans montrer aucune disposition pour cette science. Les mathématiques, la physique n'ont jamais été mon fort. C'est donc seulement pour contempler l'espace, à défaut de l'explorer, que je m'équiperais de ce petit observatoire. Un caprice, peut-être, mais n'y en a-t-il pas de plus honteux ? Combien de pianos de concert, par exemple, s'ennuient dans les salons d'ambassade où personne n'en joue jamais ? Combien de toiles de maître, qui jadis vibraient à la lumière, dorment dans des coffres-forts japonais ?

Je vous invite, vous aussi, à la contemplation du ciel nocturne. Vous trouverez dans la colonne droite de ce blog, sous la rubrique " albums photos ", un imagier intitulé " Cosmos opéra " qui réunit quelques-unes des plus belles vues de l'espace. Grâce soit rendue à l'APOD Viewer, un petit programme qui m'alimente quotidiennement en clichés astronomiques. Réservé aux utilisateurs de Macintoshs !

Voici un échantillon de ces belles images :

espace31

La nébuleuse de la patte de chat, dans la constellation du Scorpion, à 5500 années-lumières de la Terre

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14 décembre 2007

Au clair de la lune

Chers amis,

Voici une histoire comme je les aime.
Aux temps héroïques de la conquête spatiale, lorsque s'envoler à bord d'une fusée demandait du courage — aujourd'hui, il faut surtout de l'argent —, sept astronautes américains baptisés The Original Seven ont été parmi les premiers à défier le cosmos. Ils prenaient part à un programme, Mercury, resté dans l'histoire scientifique comme l'un des plus riches du vingtième siècle. Peut-être connaissez-vous le film l'Etoffe des héros qui retrace leur aventure.

Mission_Mercury

The Original Seven en tenue de gala

Gordon Gooper est l'un de ces aventuriers de l'ionosphère. Ancien soldat du corps des Marines, pilote d'essai émérite, il s'était fait, bien avant son embauche par la Nasa, une réputation de tête brûlée, voire de casse-cou. Sa participation au neuvième et dernier vol du programme Mercury, dont l'objectif était d' " évaluer les effets physiologiques d'une journée dans l'espace " lui valut une consécration méritée.
Mais si sa biographie m'intéresse aujourd'hui, c'est parce que Gordon Cooper a été, très officiellement,
" le premier astronaute américain à dormir en orbite ". Il a somnolé sept heures à l'intérieur du minuscule habitacle de la capsule (1 mètre-cube d'espace vital) et, selon le rapport de mission, s'est même assoupi pendant le compte à rebours du décollage.
Imaginez-vous la chose : prisonnier d'une combinaison surchauffée, à cheval sur une bombe volante qui, dans quelques instants, s'allumera pour vous propulser dans l'inconnu, vous vous sentez assez à l'aise… pour piquer un petit roupillon.
Voilà ce qui s'appelle avoir du courage !
Merci à la radio en ligne de Ciel & Espace qui m'a appris cette curieuse anecdote !

Gordon_Cooper

Gordon Cooper, le premier roupilleur de l'espace 

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24 octobre 2007

Respiration de la Terre

Chers amis,

J'étais bien désœuvré samedi soir, dans mon hôtel près d'Agen, pour regarder ce long documentaire sur les fougères diffusé à la télévision. J'ai toutefois retenu un chiffre : voici 150 millions d'années que ces plantes ont colonisé notre planète, à comparer aux 6 000 ans de l'histoire humaine, et aux 76 ans de l'espérance de vie masculine en Aquitaine.

Projetons-nous en imagination très loin dans le passé, et considérons l'aspect de la Terre, c'est-à-dire celui des continents émergés. Vous savez que les continents dérivent ; voici 255 millions d'années, l'Afrique adhérait à l'Amérique du sud, et l'actuel Brésil jouxtait l'actuel Nigeria — on aurait pu marcher de l'un à l'autre.
Voici à quoi devait ressembler notre planète :

ancien


… à comparer avec aujourd'hui :

Monde

Ces images sont familières. En revanche, on connaît beaucoup moins le visage de notre planète dans le futur, tel que les scientifiques l'ont calculé. Voici la projection réalisée par une équipe américaine, à plus 250 millions d'années :

futur


Vous ne remarquez rien ? Cette image ressemble beaucoup à la première ! Les continents actuellement disjoints se regroupent et s'unissent, formant une nouvelle fois le " supercontinent ", Pangée, qui existait au début du Jurassique ! Maintenant, regardez les trois planisphères à la suite… Ne dirait-on pas que la Terre respire ? Le mouvement des continents sur cette très longue durée ne vous évoque-t-il pas l'action de poumons s'emplissant d'air et se vidant ? Ça laisse songeur…

Autre image qui donne à réfléchir, celle de la fin de notre univers, telle que les théories scientifiques les plus avancées la prévoient… Les savants s'attendent à une " vaste déchirure " (big rip) faisant écho au big bang originel. L'énergie sombre, cette force mystérieuse à l'œuvre dans le cosmos, finirait par semer le chaos. Ça donnerait à peu près ça :

puzzle_cook

Voici la vraie fin du monde… Heureusement, ce n'est pas pour demain !
 

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04 octobre 2007

Le saint et l'oiseau

Chers amis,

Certains d'entre vous pourraient, à bon droit, se plaindre du rythme ralenti de mes publications électroniques.
Ce n'est pourtant pas faute d'inspiration. Sur l'écran de mon ordinateur figure un " post-it " où je consigne tous les sujets que je voudrais traiter sur " Volubilis ". Il est plein ! Mais le temps est une denrée coûteuse, se raréfiant plus vite encore que le pétrole !

Je ne pouvais néanmoins ignorer ce quatre octobre marquant une fête qui m'est chère (celle de saint François d'Assise, grande figure religieuse auquel j'ai consacré une fiction historique : le jardinier d'Assise [Desclée de Brouwer, 2005]) et, en cette année 2007, le cinquantenaire de la mise en orbite de Spoutnik.
Spoutnik, pour ceux qui l'ont oublié, est le premier objet jamais envoyé par l'homme — soviétique, mais qu'importe — dans l'espace. Une jolie boule argentée de 83 kilogrammes dont le " bip ", si familier aux radioamateurs de l'époque, a donné le départ de la conquête spatiale.

saint_Fran_ois

Saint François prêchant aux oiseaux, par Giotto

spoutnik_1_1957

En 1957, un oiseau de métal : Spoutnik

Un saint du XIIe siècle, un satellite du XXe… Quoi de commun ?
A mes yeux, leur même désignation de l'infini, l'accès qu'ils ont permis à une dimension supérieure de l'existence humaine.

Fêtons-les, en ce jour béni !

Posté par cassiel à 11:52 - Sciences - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

ILS ONT REPONDU !

Chers amis,

Voici quelques mois, j'adressais un courriel à Virgin Galactic, l'une des rares sociétés à commercialiser des vols pour l'espace — quelques heures passées sur orbite, à un prix très élevé (actuellement une dizaine de millions de dollars).
Je leur écrivais, sur le ton de l'humour, qu'on avait vu la première femme dans l'espace , le premier Africain dans l'espace, le premier Chinois dans l'espace… mais qu'on n'était pas prêt de voir le premier pauvre dans l'espace ! Et, plein d'optimisme, je me proposais comme passager gratuit, donc surnuméraire, sur l'un de leurs prochains vols. Mon seul argument était qu'au XIXe siècle, en Europe, maints voyageurs étaient des artistes — mais qu'aucun d'entre eux n'avait encore vaincu la pesanteur, malgré la résidence artistique accordée récemment par la Nasa à la plasticienne et musicienne new-yorkaise Laurie Anderson : voir ici le récit en anglais de cette étonnante " première ".

040709_LaurieAtNasa_hd

Laurie Anderson, en résidence à la Nasa, assiste à une démonstration d'un simulateur de station spatiale en 3D

Quelle n'a pas été ma surprise, hier, de recevoir une réponse ! Voici donc ce que m'écrit Virgin Galactic :

" Olivier,

Thanks so much for your email. As you can imagine we receive hundreds of email s like yours everyday and we are just unable top help everyone. You may be interested to hear that we have been looking at the idea of a Galactic lottery as a way of offering as many people as possible the chance to fly to space with Virgin.  There are stringent legal and regulatory provisions in many countries that make operating a lottery extremely difficult in most cases, but we continue to look at ways that we might be able to achieve it. Thanks for thinking of us and keep an eye on the news for further developments on the above!
Kind regards

Louise "

Vous l'avez compris si vous parlez anglais, ma seule chance d'embarquer gratuitement sur un vol Virgin Galactic est d'acheter un billet gagnant à la loterie qu'ils projettent d'organiser un jour. Perspective bien lointaine… Peut-être serait-il plus rapide de construire mon propre astronef ?

Posté par cassiel à 10:11 - Sciences - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2007

Vertiges de l'ordinaire

Chers amis,

Admirez cette vue de la France, photographiée par un satellite voici quelques heures :

France

Il est rare, très rare qu'un ciel si pur règne sous nos latitudes, et qu'on puisse embrasser du même regard l'Espagne et l'Irlande, avec la vaste étendue de terre et de mer entre les deux. Mais là n'est pas mon sujet.
J'ai la plus grande admiration pour la technologie qui permet de fixer sur écran, et de diffuser presque aussitôt sur Internet ces images qui restaient, voici encore quelques années, la possession jalouse des scientifiques. Le seul magazine auquel je sois abonné, moi qui lis très peu de presse, c'est une revue de vulgarisation scientifique : Sciences & Vie. Et, sans exagérer, je m'écrie à chaque page devant les théories maniées aujourd'hui par les savants, et leurs réalisations étourdissantes dont le grand public n'a généralement pas idée.

Cette photo, par exemple… Elle est banale à vos yeux. Vous connaissez bien les contours de votre pays, pour les avoir appris dans vos premières années d'école. Mais songez au prix qu'elle aurait eu pour un prince de la Renaissance ? Quelle fortune aurait déboursée François Ier, ou Louis XII pour s'emparer d'une carte précise de l'Europe, formidable atout dans la guerre que se livraient alors les puissances du continent ?

Cette conversion de l'extraordinaire au banal, à quelques siècles et parfois quelques années de distance, est pour moi un grand sujet de méditation. Rien de plus commun non plus qu'un globe terrestre ; il en existe de toutes les tailles et sous toutes les formes : affiche, porte-clefs, oreiller et boîte à sucre… C'est sans doute l'une des images les plus diffusées et dès lors, les plus usées (un mot contient l'autre) de l'iconothèque mondiale. Mais encore une fois, des hommes comme Henri le Navigateur, ce fameux prince portugais qui donna l'élan à la colonisation des terres africaines, aurait déboursé une fortune pour en posséder un tirage même médiocre. Ma fille, qui joue avec un ballon aux couleurs de la Terre, détient sans le savoir un trésor.

Henri

Un portrait d'Henri le navigateur (1394-1460)

Posté par cassiel à 20:11 - Sciences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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