14 décembre 2007
Au clair de la lune
Chers amis,
Voici une histoire comme je les aime.
Aux temps héroïques de la conquête spatiale, lorsque s'envoler à bord d'une fusée demandait du courage — aujourd'hui, il faut surtout de l'argent —, sept astronautes américains baptisés The Original Seven ont été parmi les premiers à défier le cosmos. Ils prenaient part à un programme, Mercury, resté dans l'histoire scientifique comme l'un des plus riches du vingtième siècle. Peut-être connaissez-vous le film l'Etoffe des héros qui retrace leur aventure.

The Original Seven en tenue de gala
Gordon Gooper est l'un de ces aventuriers de l'ionosphère. Ancien soldat du corps des Marines, pilote d'essai émérite, il s'était fait, bien avant son embauche par la Nasa, une réputation de tête brûlée, voire de casse-cou. Sa participation au neuvième et dernier vol du programme Mercury, dont l'objectif était d' " évaluer les effets physiologiques d'une journée dans l'espace " lui valut une consécration méritée.
Mais si sa biographie m'intéresse aujourd'hui, c'est parce que Gordon Cooper a été, très officiellement, " le premier astronaute américain à dormir en orbite ". Il a somnolé sept heures à l'intérieur du minuscule habitacle de la capsule (1 mètre-cube d'espace vital) et, selon le rapport de mission, s'est même assoupi pendant le compte à rebours du décollage.
Imaginez-vous la chose : prisonnier d'une combinaison surchauffée, à cheval sur une bombe volante qui, dans quelques instants, s'allumera pour vous propulser dans l'inconnu, vous vous sentez assez à l'aise… pour piquer un petit roupillon.
Voilà ce qui s'appelle avoir du courage !
Merci à la radio en ligne de Ciel & Espace qui m'a appris cette curieuse anecdote !

Gordon Cooper, le premier roupilleur de l'espace
05 décembre 2007
Nouvel an brésilien
Chers amis,
Voici quelques mois, je vous annonçais la création prochaine, sur les ondes de France Culture, du feuilleton radiophonique que j'ai consacré au compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos (1887 - 1959).
Les dates de diffusion sont maintenant arrêtées : ce sera du 31 décembre au 4 janvier, chaque soir à 20 h 30.
Mon humble création va donc affronter les programmes des chaînes de télévision pendant les fêtes de fin d'année !
Je ne doute pas que le soir du réveillon, vous serez derrière votre poste à écouter mon feuilleton, et je vous en remercie.
Pour ceux qui seraient loin de France — quelques Brésilien(ne)s me lisent —, ils pourront écouter France Culture en direct sur le site Internet de la radio.
Bonne découverte !
Villa-Lobos, jeune premier puis artiste officiel
01 décembre 2007
Plus d'une corde à sa lyre ?
Chers amis,
Lorsque j’avais la vingtaine d’années, la question s’est posée pour moi de me consacrer exclusivement à la musique plutôt qu’à la littérature. Le bon accueil de mes premiers manuscrits, et sans doute un talent inégal m’en ont dissuadé. Toutefois, la tentation demeure. J’apprends aujourd’hui le piano, que j’ai longtemps pratiqué sans pouvoir déchiffrer une partition. Je m’initie aussi à la clarinette. Et depuis peu, je cherche d’autres musiciens avec qui mettre au point des compositions originales.
Si vous êtes curieux d’entendre mes créations musicales des années 90, avec toute l’indulgence nécessaire (surtout pour les paroles, assez niaises), voici une page Myspace qui leur est consacrée :
http://www.myspace.com/volubilismusique
Il s’agit d’un medley de différents morceaux, instrumentaux ou non. Quand la voix s’ajoute, c’est celle d’un ami depuis perdu de vue, Marc-Étienne Didier.
Seuls les compliments sont bienvenus. Les critiques, je me les adresse moi-même !
Votre serviteur, du temps de sa jeunesse mélomane
Autre photo de la même époque. J'étais alors un auditeur fidèle, c'est-à-dire quotidien de Prince.
Le manteau en ailes de chauve-souris vient de chez Sakaï, couturier japonais alors très audacieux installé près des Halles.
27 novembre 2007
Nouvel album
Chers amis,
Je donne régulièrement des conférences, partout en France, à l'invitation de bibliothèques ou de librairies. Elles sont l'occasion de faire du tourisme à peu de frais et de m'offrir, passager des trains à grande vitesse, quelques heures de travail ambulant.
Ainsi, le week-end dernier, j'étais à Dieppe en Normandie. Vous trouverez parmi les albums photos — colonne de droite sur cette page —, sous l'intitulé Road Movie 1, des clichés pris au bord de la Manche, et dans divers lieux où j'ai séjourné ces derniers mois. Aucun, malheureusement, ne représente l'effaroucheur, fonctionnaire appointé par la municipalité normande dont le curieux métier est d'effrayer les goélands dont la ville est infestée. Comment ? En lâchant sur les oiseaux de mer l'épervier qu'il porte à son poing. Une belle histoire glanée au fil de la conversation avec la bibliothécaire qui m'invitait !
Bon voyage…
23 novembre 2007
Après, je n'en parlerai plus…
Chers amis,
Un ami diplomate m’a fait le récit — épique — du tour de France qu’il vient d’achever en compagnie d’une centaine d’hommes d’affaires chinois, venus à l’invitation de notre pays découvrir son industrie de pointe et ses entreprises innovantes. Pour ça, ils n’ont pas été déçus ! Trains en retard, vols annulés, embouteillages… Je doute que leurs investissements choisissent de sitôt notre pays.
On condamne, avec raison, les excès des dictatures, mais l’on signale rarement les abus des démocraties. La simple formule de rentrée sociale, exprimant une saisonnalité du mécontentement, donne l’indice du peu de sens que revêt aujourd’hui, pour moi, une certaine action syndicale. Les syndicats les plus radicaux sont devenus des conservatoires, des musées d’acquis sociaux à l’usage d’une minorité farouche et batailleuse.
Quelle différence avec les luttes héroïques du temps passé ! Je vous conseille un film des années 1970, Norma Rae, qui retrace le combat d’une ouvrière du textile américaine contre les dirigeants de la filature où elle est employée. C’était l’époque où les prolétaires, soumis à des cadences infernales, s’épuisaient littéralement au travail. Il était légitime, alors, d’engager l’épreuve de force — et quelle épreuve ! — afin d’obtenir un traitement plus humain du personnel. Mais aujourd’hui ? Les grèves des transports sont devenues routinières et comme telles, vidées en partie de leur substance.

Une image tirée du film Norma Rae réalisé par Martin Ritt en 1979
Ce qui m’étonne le plus, c’est la docilité des usagers des transports, premières victimes de ces mouvements sociaux. Lors d’une autre grève, celle d’Air France, pendant que je faisais la queue au comptoir de la compagnie, j’entends cette remarque d’un de voyageurs dans la même file : « je n’ai pas pris l’assurance annulation, j’ai peur de ne pas être remboursé. » J’en suis resté bouche bée. L’avion que devait prendre ce monsieur reste au sol, et le passager s’interroge s’il sera dédommagé ? L’assurance annulation — est-il nécessaire de le rappeler ? — couvre les frais d’annulation si c’est le passager qui renonce à son vol. Quand la compagnie est fautive, il n’y a bien sûr pas d’assurance à faire jouer.
La vérité, c’est que notre pays est désormais rôdé aux grèves. Les usagers s’en accommodent comme on s’arrange des pluies abondantes sous le climat écossais. La tentation me vient parfois d’émigrer ailleurs, où le soleil est plus constant.
20 novembre 2007
Verts de peur
Chers amis,
A moins d'être un disciple ébloui de Claude Allègre, vous devez partager avec moi une certaine conscience écologique, et la préoccupation de notre fragile planète.
Peut-être avez-vous applaudi à l'initiative du Grenelle de l'environnement, saluée par la plupart des associations écologistes et plusieurs personnalités " vertes " comme Nicolas Hulot ?
Hélas ! Il vous faut peut-être déchanter et ramener à leur juste mesure, dérisoire, les annonces faites à l'issue de ce grand — et coûteux — rassemblement. Vous comprendrez pourquoi en lisant cet extrait de la lettre électronique diffusée par l'ancienne émission Arrêt sur images, qui survit sur la toile après avoir été privée d'antenne :
" La taxe-carbone ? Oui, mais à condition d'une « remise à plat de la fiscalité », autant dire à la Saint-Glinglin.
Une taxe sur la circulation des poids lourds ? Oui, sauf sur... les autoroutes !
L'arrêt des constructions d'autoroute ? Oui, sauf « cas d'intérêt local ». "
Bref, rien n'a été décidé et rien ne se fera. On se demande si les politiciens ne dépenseraient pas moins d'énergie à réformer pour de bon qu'à élaborer des façons toujours plus ingénieuses de nous berner.
En matière d'écologie, les sociétés privées ont une longueur d'avance. J'en veux pour preuve cette excellente initiative de Yahoo ! qui, en créant une " plateforme verte de l'automobile " (le Green Center), a eu la bonne idée d'y inclure un service de covoiturage. C'est peut-être grâce à eux que je pourrai demain me rendre à Paris : deux automobilistes sont disposés à m'y conduire contre une participation modeste aux frais de voyage. Les cheminots ne peuvent pas en dire autant !
La page d'accueil du service covoiturage sur le Green Center de Yahoo !
Dans un registre plus gai, mais tout aussi écologique, admirez ci-après les peintures que des cornacs indonésiens font exécuter par… leurs éléphants. Les images, de mauvaise qualité, sont extraites d'une vidéo trouvée sur un forum. On y voit les pachydermes manier le pinceau dans une ambiance de kermesse touristique. Spectacle affligeant, peut-être, mais la performance n'en est pas moins étonnante ! Qu'en pensez-vous ?
18 novembre 2007
En grève !
Chers amis,
Il serait plaisant que les écrivains, eux aussi, puissent se mettre en grève ; qu'il leur soit donné de cesser toute activité littéraire pour défendre leurs droits et soutenir de légitimes revendications : le chômage, les congés payés, les tickets restaurants — toutes choses dont certains d'entre vous bénéficient, et que leur statut ignore. Nous réclamerions aussi une indemnité pour les taches d'encre qu'il nous fait subir, générant d'importants frais de blanchisserie — ce n'est pas plus grotesque que la " prime charbon " des cheminots (au sujet de cette prime, voir l'intéressant communiqué de la SNCF, qui dément cette rumeur et bien d'autres. Artifice de communication, ou vraie révélation ? Je vous laisse juges).
Cependant, imaginez que demain, tous les littérateurs sans exception lèvent la plume au beau pays de France. Quelles seraient les conséquences ? Sans doute aucune.
Les éditeurs écouleraient leurs fonds, souvent considérables, de quoi alimenter des siècles de lecture. Les libraires solderaient le stock correspondant. Les journalistes parleraient des anciens et des morts, ce que beaucoup font déjà. Quant aux bibliothécaires, sevrés passagèrement de nouveautés, ils auraient le temps de mettre un peu d'ordre dans leurs rayons.
J'écris cela sur le ton de l'humour mais en toute franchise, les grévistes des transports me pèsent sur les nerfs. Un vol annulé le 29 octobre dernier (grève Air France) qui nous a infligé, à ma petite fille et à moi-même, sept heures d'automobile ; et probablement, cette semaine, un séjour à Paris lui aussi ajourné (grève SNCF). L'incitation est forte à ne plus voyager et à privilégier le vélo, déjà mon véhicule exclusif en ville, sur de plus grandes distances… Allez, tous en selle !
01 novembre 2007
Illustre
Chers amis,
Je me suis livré cet après-midi à un passe-temps sans intérêt, mais non sans pertinence : j'ai saisi mon nom de famille, BLEYS, sur le site de recherches Yahoo, catégorie " Images ".
Sous ce patronyme que je croyais peu répandu, on trouve néanmoins :
Un chien que sa propriétaire, très amoureuse, photographie sous toutes les coutures
Un peintre flamand, Willy
Bleys (1909-1978), dont voici l'autoportrait " au clown "
Un joueur de golf du circuit professionnel, John Bleys
Deux personnages de science-fiction ; le premier : ce mystérieux " young Bleys "…
… le second, prince Bleys, tiré de l'illustre saga des princes d'Ambre de l'écrivain Roger Zelazny
… et même un serpent domestique !
Qui l'aurait cru ?
29 octobre 2007
Chef-d'œuvre
Ma fille (quatre ans), jugeant une photo d'elle encadrée :
" Le cadre est joli, papa, mais moi je suis plus jolie que le cadre ! "
Petit trait d'immodestie auquel néanmoins je souscris…
28 octobre 2007
Sur Radio Télérama
Chers amis,
Tous les grands médias, on le sait, se sentent à l'étroit dans leur format " historique ".
Arte, une télévision, produit désormais une radio en ligne (de très grande qualité, d'ailleurs, je vous invite à visiter leur site Internet).
Télérama, un magazine papier, diffuse aussi sur les ondes.
En complément du bel article publié dans le numéro du 18 juillet sur mon roman Semper Augustus (Gallimard, mai 2007), Radio Télérama met en ligne un entretien avec son auteur, Gilles Heuré. Vous pouvez l'entendre sur cette page.
Bonne écoute !




















