17 septembre 2009
Métaphysique scolaire
Chers amis,
Alice et moi sommes en plein débat sur l'école.
La rentrée au cours primaire s'est bien passée.
Cependant, elle observait ce matin devant son verre de jus d'orange :
" C'est nul d'apprendre des choses car quand on apprend des choses, on grandit et, quand on est grand, on veut redevenir petit ! "
Il me reste à lui prouver qu'on peut très bien grandir, hélas, sans avoir rien appris…
Des idées ?

Fragment de son premier jour d'école…
05 juillet 2009
Faussaire…
Chers amis,
Ma fille vient me trouver, hier, avec des airs de comploteur.
" Papa, si je perds une dent et la mets sous mon oreiller, alors la souris m'apporte un bonbon, n'est-ce pas ?
— Oui, chérie. "
Elle m'explique alors son stratagème : glisser une fausse dent (en papier) au même endroit, dans l'espoir que la souris naïve se laissera piéger !
Ce qu'Alice ignore, c'est que son papa est complice du rongeur !
En s'éveillant demain, ma fille trouvera sous son oreiller… un dessin de bonbon.
Rira bien qui rira le dernier (et à belles dents) !
29 janvier 2009
Ma fille est un amour de petit lézard à sang chaud
Alice a appris récemment que la queue des lézards repoussait si elle était tranchée.
Mais sa version de cette guérison miraculeuse n'est pas celle des adultes.
Pour elle, ce n'est pas la queue qui repousse au bout du lézard, c'est le lézard qui repousse au bout de la queue !
Une inversion très drôle, qui m'a rappelé ce fameux apologue chinois :
Tchouang-tseu rêve qu'il est papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ?
Marguerite Yourcenar, je crois, en fait cas dans ses Nouvelles orientales.
Je me suis déjà exprimé sur le sujet, je n'aime pas trop l'idée de publier ici des photos de ma fille.
Et cependant, j'en ai très envie, étant comme tout papa très fier de ma petite chérie.
Alors en voici un petit bout :

Pour tes yeux de porcelaine, ma si douce chérie
Je puiserai aux fontaines une eau de lazuli
27 juillet 2008
Route estivale
Chers amis,
Ma fille Alice (bientôt cinq ans) et moi revenions tantôt de cette belle région, l'Ariège, par un jour ensoleillé, à l'heure la plus chaude, dans une petite auto sans climatisation. Nous ne pouvions garder les fenêtres ouvertes, car le bruit du vent nous aurait empêchés d'écouter le poste de radio — seule distraction pendant ce long voyage. En conséquence, la température à l'intérieur du véhicule était caniculaire.
Alice s'est endormie, puis réveillée à notre arrivée à Bordeaux. Elle s'est félicitée de la fraîcheur que sa sieste, estimait-elle, lui avait procurée.
" Toi aussi, tu aurais dû dormir, papa.
— Je ne pouvais pas, chérie, je conduisais.
— Tu n'as qu'à bien connaître la route. Si tu connaissais bien la route, tu pourrais dormir en conduisant. "
Un jour, ces propos attendrissants mais absurdes deviendront peut-être réalité. Des voies rapides " autoguidées " sont en effet à l'étude. Sur ces routes du futur équipées de rail, chaque véhicule est transporté à grande vitesse (autour de 180 Km / h) sans plus d'intervention du conducteur.
Ma petite fille est visionnaire.
Alice face aux " bambis " d'une ferme ariégeoise
Vue d'Ariège prise depuis la place du conducteur, à bord de ma petite voiture
20 juin 2008
Temps frais
Chers amis,
Ma petite fille Alice a froid sur le vélo de son papa. Elle s'écrie alors, frissonnante :
" Papa, j'ai les glaçons ! "
Puis, le jour suivant, en pleine canicule, et me voyant habillé d'une djellaba :
" Papa, elle est jolie ta maharajah ! "
Il n'y a plus de saisons, et l'affaiblissement du Gulf-Stream nous promet des hivers rigoureux, des étés pluvieux, donc à terme une baisse immobilière.
Quand donc sera nommé, et désigné à la vindicte populaire, un ministre du temps qu'il fait ?
Comme dirait (encore) ma fille, dont c'est le juron préféré : " Nom d'une pipe en bois ! "
21 avril 2008
Enfants de…
Chers amis,
Extraits d'une conversation matinale :
" Olivier : Comment s'appellent les petits du cheval ?
Ma fille Alice : les poulains.
Olivier : … les petits de la poule ?
Alice : les poussins.
Olivier : … les petits du lapin ?
Alice : les lapinous. "
Elle n'y a gagné qu'un bisou.
Les parents ont un scrupule bien naturel à publier sur Internet, en tout cas sur un blog d'accès public, des photos de leurs enfants. Leur crainte est bien sûr que l'œil torve d'un pédophile ou d'une personne mal intentionnée se pose sur ces documents - triste monde où nous vivons.
Je ne résiste pourtant pas à diffuser l'image suivante, prise lors d'un spectacle de l'école de danse fréquentée par Alice. Elle figure sur l'image, et porte une rose à la main… La reconnaîtrez-vous ?
Jeune père, c'est le premier spectacle de fin d'année auquel j'assiste. En toute franchise, je n'en attendais pas grand-chose : quelques gamins piétinant dans une salle de sports éclairée au néon. Or, ce fut un divertissement de qualité, avec un éclairage soigné, de beaux costumes et une chorégraphie admirablement réglée. Il faut combattre les idées reçues !

Spectacle de l'école de danse donné au théâtre " Le Royal " de Pessac (Gironde) le samedi 19 avril
09 avril 2008
Jolie moisson
Chers amis,
Ma fille Alice, que nous appelons couramment " chat ", m'a renvoyé hier la balle — jeu favori de ces petits félins — en déclarant :
" Je veux être un chat à la place d'être humaine."
Il m'a fallu défendre l'espèce des hommes contre celle des chats, tâche moins aisée qu'on ne le croit. Les chats, en vérité, ont beaucoup pour eux : l'élégance, la propreté, la dignité, la réserve, etc. Une simple image suffit pour s'en convaincre :
Un spécimen de chat
Âgée maintenant de quatre ans, Alice examine avec attention, et un invincible bon sens, certaines croyances adultes. Son père croit en Dieu, sa mère n'y croit pas. Elle se trouve donc en position de choisir, d'où de récentes proclamations :
" Quand on est mort, on reste mort." (au sujet de la résurrection de Jésus, dont elle peine à se convaincre)
ou encore :
" Y'a que Jésus qui est magique. "
Qu'on se le tienne pour dit !
24 janvier 2008
Jurons alimentaires
Chers amis,
Ma fille Alice n'est pas toujours de bonne humeur.
Cependant, même énervée, elle a le juron créatif et inspiré.
C'est ainsi qu'hier, elle m'a traité en riant de :
" ravioli qu'on jette à la poêle "
Puis elle a décliné, " tomate qu'on jette à la poêle ", " endive qu'on… ", etc. s'interrogeant pour finir sur le mode de cuisson des navets et s'ils toléraient ou non d'être frits.
Son imagination paraît fort stimulée par la nourriture. J'en veux pour preuve la série de galettes qu'elle dessine depuis qu'elle a remporté, deux fois de suite — et sans que ses parents aient aucunement aidé le hasard — la fève d'épiphanie. Des dizaines de galettes sont déjà nées sous ses crayons. En voici quatre parmi les plus récentes :
Avez-vous remarqué comme ces galettes ressemblent aux premiers planisphères, dressés par les géographes chrétiens et musulmans du haut Moyen-Âge ? Ceux-ci, par exemple :
Un planisphère chrétien des premiers siècles après Jésus-Christ
Une carte de l'Afrique et de l'Espagne dressée par le géographe marocain Al-Idrissi (mort vers 1165) pour le compte du roi Roger II de Sicile
24 décembre 2007
Jurons mignons
Chers amis,
Ma fille Alice, comme tous les enfants, aime manier les jurons et la " langue verte " — c'est-à-dire l'argot, auquel Alfred Delvau a consacré un dictionnaire en 1866, consultable et téléchargeable sur le site de Gallica, la Bibliothèque nationale numérique.
Parmi ses dernières créations :
" Charlie Popette " au lieu de " Saperlipopette "
" Nom d'une souillon ! " en référence directe à Cendrillon
" Nom mais d'une pipe "
Lorsqu'elle veut m'insulter gentiment, Alice me traite de " tomate " ou de " salade " — indice préoccupant de son peu de goût pour les légumes.
Elle n'en fait pas moins de superbes dessins, que je compte prochainement mettre en ligne sur un blog dédié. Peut-être d'ailleurs l'ouvrirai-je aux contributions " extérieures " — celles des moins de six ans ? Vos idées et suggestions sont les bienvenues.
De bonnes fêtes !
17 décembre 2007
En couleurs
Chers amis,
Alice m'a proposé de colorier avec elle. Il y avait vingt-cinq ans, au bas mot, que je n'avais pas pratiqué cette activité.
Elle a une façon bien à elle de colorier : elle ignore complètement le modèle et la distribution " naturelle " des tons (chair rose, ciel bleu, etc.) pour tout faire à sa fantaisie. Sous ses feutres, les lièvres portent une patte jaune et l'autre rouge, le soleil brille vert sur des collines turquoises…
Comme nous étions penchés sur nos travaux, je lui fais cette confidence :
" Quand j'étais petit, je voulais devenir dessinateur. "
Alice me répond du tac au tac :
" Et à la place, tu es devenu papa ! "
Elle a raison : être papa, c'est un travail à temps plein ! J'attends d'ailleurs que les plaques de rues, célébrant pour certaines des généraux oubliés ou d'inutiles batailles, rendent hommage aux pères et aux mères de famille. Leur mérite, s'il est moins éclatant, n'en est pas moins réel !




















































