volubilis

Le blog littéraire, hédoniste et jardinier d'un écrivain, Olivier Bleys.

06 avril 2008

Tendez l'oreille…

Chers amis,

L'excellent site " Le choix des libraires " m'a proposé, voici quelque temps, un genre d'entretien téléphonique.

Vous pouvez l'entendre sur cette page.

Il est question de mon dernier roman publié, Semper Augustus (Gallimard, 2007), mais aussi de mes usages de lecteur. Je n'ai pas caché être un mauvais client des libraires : d'une part, mon ancien statut de lecteur chez Gallimard me donne un accès privilégié à leur catalogue (de quoi garnir toute une bibliothèque) ; d'autre part, j'ai pris la mauvaise habitude de passer mes commandes… sur le site de la FNAC. Ce site propose le " port gratuit " à partir d'une certaine somme, bien que cette pratique contrevienne la loi. Difficile de résister !

J'aimerais faire l'emplette de mes livres comme de ma baguette de pain quotidienne. Malheureusement, le quartier où j'ai aménagé ne dispose d'aucune librairie. C'est bien le seul commerce qui manque à cette adorable place Nansouty du sud de Bordeaux. Elle tire son nom d'un général, fondateur de l'observatoire du Pic du Midi, dont vous pouvez admirer ci-dessous la pose altière :

nansouty2



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15 mars 2008

Laissez-moi vous présenter…

Chers amis,

La photo reproduite ci-dessous — j'ai résisté à la tentation de retoucher mes yeux cernés et mon double menton naissant ! — a été prise au salon du livre de Bruxelles, début mars 2008.

Sur cette image, je suis en présence de Jean-Pierre Girard, écrivain québécois rencontré voici plus de dix ans lors de la troisième édition des Jeux de la Francophonie, à Madagascar. Depuis, nos chemins se sont souvent croisés : en France, au Québec, en Belgique… Jean-Pierre est un ami — et un joueur d'harmonica, comme ce cliché l'illustre efficacement.

Il est aussi l'initiateur d'une manifestation unique en son genre, les Donneurs, qui a connu depuis sa création, en 2001, de nombreuses éditions dans le monde entier. Je vous invite à visiter leur site Internet. A la base des Donneurs, une idée simple : enrôler des auteurs professionnels, quel que soit leur mode d'expression (poésie, roman, nouvelles, etc.), pour écrire à la demande des textes variés, depuis la lettre d'amour jusqu'à la lettre d'insulte, en passant par la circulaire administrative ou l'épitaphe lyrique. C'est l'occasion, bien sûr, d'un échange fructueux avec le " commanditaire " — l'homme ou la femme de la rue qui a passé commande du texte.
Bref, il s'agit d'écriture publique — et gratuite, convient-il d'ajouter. Les Donneurs parlent d'ailleurs de " foyers d'écriture publique ". Une initiative qu'il faut saluer, en ces temps de talents monnayés et de prêts intéressés…

Photo_avec_Jean_Pierre_G

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27 novembre 2007

Nouvel album

Chers amis,

Je donne régulièrement des conférences, partout en France, à l'invitation de bibliothèques ou de librairies. Elles sont l'occasion de faire du tourisme à peu de frais et de m'offrir, passager des trains à grande vitesse, quelques heures de travail ambulant.

Ainsi, le week-end dernier, j'étais à Dieppe en Normandie. Vous trouverez parmi les albums photos — colonne de droite sur cette page —, sous l'intitulé Road Movie 1, des clichés pris au bord de la Manche, et dans divers lieux où j'ai séjourné ces derniers mois. Aucun, malheureusement, ne représente l'effaroucheur, fonctionnaire appointé par la municipalité normande dont le curieux métier est d'effrayer les goélands dont la ville est infestée. Comment ? En lâchant sur les oiseaux de mer l'épervier qu'il porte à son poing. Une belle histoire glanée au fil de la conversation avec la bibliothécaire qui m'invitait !

Bon voyage…

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26 octobre 2007

A écouter et à voir…

Chers amis,

Pour celles et ceux qui n'habitent pas Bordeaux, et auxquels un long trajet en voiture (ou d'interminables travaux de broderie) procurent une heure de loisir, voici la version " podcast " de ma conférence à la librairie Mollat, le 12 octobre dernier.
Elle portait sur mon dernier roman, Semper Augustus (Gallimard, printemps 2007).

La page correspondante sur le site de la librairie :

http://www.mollat.com/conferences/olivier-bleys-1816.html

… ou un lien direct vers le podcast :

http://www.wikio.fr/news/Paulus+van+Bereysten

Puisque l'heure est aux tulipes, je ne résiste pas à l'envie d'exposer ici la couverture d'un très joli " mail-art " reçu cette semaine d'une amie, Muriel Quintard, en hommage au même roman dont elle vient d'achever la lecture :

mail_tulipe_2mail_tulipe_1

… Les autres pages sont visibles sur son blog.

Autre hommage, à mon roman Pastel cette fois (Gallimard, 2000), celui des élèves d'une classe de 4e, dans un collège d'Angers où je suis intervenu. Ils m'ont remis un grand rouleau de papier rouge sur lequel était tracé, de leur plus belle écriture, le texte que voici :

" Les doigts de l'arc-en-ciel

Noir : une panthère qui se fond dans l'univers étoilé…
Enfin sorti de l'ombre, le noir voit le jour et devient l'égal du blanc.
Quand il fait entre chien et loup, la jeune fille habillée de ténèbres fuit poursuivie par la mort.
Quand l'aube se lève, les rayons du soleil s'illuminent et je n'ai plus qu'à savourer les feuilles orangées du printemps.
Lorsque le printemps illumine jardins et champs, mon regard ne voit qu'orange et dévore jusqu'aux racines.
Orange, dignité étoilée, surtout ne pas plier.
Rose : fleur et jeune fille à la fois, couleur de l'amour, de tous les sacrifices.
Roses d'un jour, roses pour toujours et roses d'amour !
Quand groseilles, vermeille et éveil riment avec merveille…
Dans un pré, je me pose pour cueillir des bleuets, mais je préfère les roses et les vers en prose.
Vert, comme la vipère qui se terre dans les fougères.
Vert, comme les yeux de ma mère aux belles prières.
Vert, léger comme l'air, qui répand la douceur sur Terre.
Je voudrais m'y blottir pour y mourir.
Le jaune est un éclair qui nous foudroie le cœur.
Ce sont les rayons du soleil qui animent les journées d'automne.
Couleur des blés et des foins qui prennent des couleurs d'or quand le vent les effleure.
Blanc, douceur d'un nourrisson, couleur des dieux et de mes aïeux.
Pureté incarnée, maléfice enchanté, tu te répands où bon te semble, lorsque la bise nous fend les cœurs, pour déposer sur ton chemin un léger voile de lait.
Noir, le ciel de la nuit me donne de l'espoir et me laisse la chance d'y croire.
Le noir n'est guère qu'une simple et banale teinte sombre, c'est en effet l'inéluctable empreinte que les ténèbres infernaux ont laissée derrière elles pour suffire à notre malheur.
Le rouge, une couleur qui me fait bouillir le cœur de douleur.

Signé : les élèves de la classe de 4e 6 du collège Chaumié (Agen) le vendredi 19 octobre 2007
"

Affiche_cadeau_couleurs

Le texte original, calligraphié sur papier fort

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18 février 2007

Mémoire à courants d'air

Je suis doté d'une très mauvaise mémoire. Il m'est difficile d'enregistrer un numéro de téléphone, de retenir le chemin à suivre jusqu'à ma destination — infirmité compensée par un bon sens de l'orientation. L'attention n'y fait rien : mon esprit seul est en cause. Il est comme cette éponge qui boit et ne restitue pas.

Ma mémoire faillible, ou même inopérante est source pour moi de nombreux tracas. Mais surtout, elle m'empêche de conserver les poèmes dont j'ai goûté la lecture et qui, rien à faire, ne peuvent tendre sous mon crâne aucun axone durable.

Il en est un, de Mallarmé, que je me suis longtemps efforcé de mémoriser — sans pouvoir réciter mieux que les quatre premiers vers. Le voici :

       Eventail de Mademoiselle Mallarmé

        Ô rêveuse, pour que je plonge
        Au pur délice sans chemin,
        Sache, par un subtil mensonge,
        Garder mon aile dans ta main.

        Une fraîcheur de crépuscule
        Te vient à chaque battement
        Dont le coup prisonnier recule
        L'horizon délicatement.

        Vertige ! voici que frissonne
        L'espace comme un grand baiser
        Qui, fou de naître pour personne,
        Ne peut jaillir ni s'apaiser.

        Sens-tu le paradis farouche
        Ainsi qu'un rire enseveli
        Se couler du coin de ta bouche
        Au fond de l'unanime pli !

        Le sceptre des rivages roses
        Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
        Ce blanc vol fermé que tu poses
        Contre le feu d'un bracelet.
 

J'avoue regretter que les femmes, sous nos latitudes, ne manient plus guère d'éventail.

Autre éventail à mon goût, celui sur lequel Paul Claudel a encré de sa main ce qu'il nommait ses phrases. En réalité, c'est toute une série de papiers pliés que des peintres japonais ont parfois illustrés, et dont j'ai pu récemment admirer un échantillon au musée Guimet de Lyon. Voici l'un des plus beaux :

eventail

Vous trouverez sur cette page l'histoire des " Cent phrases pour éventails " (1927).

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17 février 2007

Idée rétro pour la Saint-Valentin

La Saint-Valentin est passée et peut-être, après tout, manquez-vous à la tradition d'offrir à votre amoureuse ou à votre amoureux, en ce jour frisquet favorable aux fleuristes, des valentins, c'est-à-dire des billets doux ?
Si au contraire vous observez la coutume, voici un petit poème que j'adore depuis qu'une enseignante inspirée me l'a fait découvrir, et que vous pourrez profitablement glisser dans un bouquet de je-ne-sais-quoi :

        Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :
        J'en serai laboureur, vous dame et gardienne.
        Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,
        Afin que son honneur soit commun à nous deux.

        Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux
        Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,
        Mes yeux l'arroseront et seront sa fontaine
        Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.

        Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,
        Soucis, oeillets et lys, sans épines les roses,
        Ancolie et pensée, et pourrez y choisir

        Fruits sucrés de durée, après des fleurs d'attente,
        Et puis nous partirons à votre choix la rente :
        A moi toute la peine, et à vous le plaisir.
 

Extrait de L'Hécatombe à Diane, il est signé Théodore Agrippa d'Aubigné (1552 - 1630) dont voici un portrait :

Aubign_







Lorsqu'on connaît la vie d'Agrippa d'Aubigné, protestant harcelé mais harceleur qui, pour ainsi dire, n'a jamais lâché l'épée, on se demande comment un poème d'une telle délicatesse peut être son œuvre ! Son prénom même, Agrippa (du latin : " aegre partus ", " enfanté avec peine "), témoigne des douleurs infligées à sa mère, morte en couches !

   

Posté par cassiel à 18:29 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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