13 février 2009
Vivent les Amoureux !
Chers amis,
Connaissez-vous ce tableau d'Emile Friant, petit maître de la fin du XIXe siècle qui nous a laissé quelques toiles " d'une touchante sensibilité " comme disent les critiques d'art ?
Je vous laisse admirer celle-ci, intitulée " les Amoureux " :
Je suppose que le tableau est exposé à Nancy, comme le suggère le logo d'assez mauvais goût appliqué dans l'angle inférieur de la toile (une reproduction Internet). Lors de mes visites au salon du livre de la capitale lorraine, j'ai admiré la collection du musée municipal, l'une des plus riches et des plus singulières qu'on trouve en région. Elle possède quelques curiosités.
Mais attardons-nous sur " les Amoureux ". Ce doit être l'approche d'une Saint-Valentin fêtée solitairement, pour la première fois depuis bien des années, ou encore le travail fourni sur mon dernier roman, sentimental à souhait, mais je n'ai en tête que cela : l'amour, les filles, les amoureux, et les bébés qui suivent dans les meilleurs des cas. Je me transforme en midinette, c'est à peine croyable ! Est-ce mon genre, franchement, de visionner dans l'avion une romance aussi sucrée que " Nights in Rodanthe ", avec Diane Lane et Richard Gere ? Et de sécher une larme, encore ? C'est à n'y rien comprendre. Si une lectrice peut m'expliquer, elle me rendra un grand service !
07 octobre 2008
La crise financière
Chers amis,
Je parcours chaque matin la " une " du Monde, édition électronique, à laquelle se superposent depuis quelques mois des fenêtres publicitaires de plus en plus invasives. Dans le contexte présent de la crise financière, il est choquant, et non moins absurde, de voir couvrir les annonces de " chute historique de la bourse ", " faillite d'un grand groupe bancaire " et autres calamités à milliards par… des réclames pour des automobiles quatre-quatre, des forfaits téléphoniques illimités ou des bouquets satellitaires. D'un côté, nous sommes appauvris, dépouillés ; de l'autre, on nous enjoint d'acheter encore, de consommer toujours. C'est risible, en un certain sens ; c'est aussi inquiétant.

Un trader, c'est l'inverse d'un entrepreneur. Le second prend des risques, fait preuve de confiance et d'initiative, raisonne dans la durée. Le premier est avare et poltron — étonnant comme le mot " peur " revient souvent dans les commentaires —, il défend les seuls intérêts qu'on lui a confiés et veut des bénéfices rapides, des gains immédiats. Les traders ont aujourd'hui la mainmise sur l'économie. Voyez le résultat…
Ce qui m'irrite le plus, dans cette crise, c'est qu'il n'est jamais question de châtier les coupables. Certes, notre société excelle à diluer les responsabilités : difficile de savoir qui a pris la mauvaise décision ou qui a défendu la mauvaise stratégie. Mais la crise financière, ce n'est tout de même pas la grêle tombée du ciel, à laquelle personne ne peut rien. Des salauds ont mal agi. Que n'intente-t-on des procès contre eux ? Que ne les traîne-t-on devant les tribunaux ? A défaut, que ne crève-t-on les pneus de leurs belles décapotables (lesquelles, soyez-en sûrs, ils perdront bien après que vous aurez vendu votre dernière chemise) ?
Image d'une époque où le peuple n'avait pas froid aux yeux.
Les femmes criaient : " à Versailles ! A Versailles " ; nous pourrions crier : " A Neuilly ! A Neuilly ! "
Autrefois, il en fallait bien moins pour répandre le peuple armé dans la rue. Les Parisiens ardents de la Commune ou de la Révolution n'auraient pas attendu dix jours pour ficher des têtes de traders sur leur piques ensanglantées, ou des têtes de Saoudiens quand flambait, à leur seul bénéfice, le prix du baril de pétrole. Cette époque n'est pas à regretter. Mais je confesse que la nôtre, veule et sans ressort, n'est pas davantage à mon goût. Et vous ?
06 octobre 2008
Palmes en eau trouble
Chers amis,
C'est décidément une semaine à cinéma. Après " Séraphine ", vu et apprécié voici quelques jours, j'ai acheté ma place pour " Entre les murs ", primé cette année à Cannes. J'y suis allé sans conviction, car ni le sujet ni le traitement n'éveillaient vraiment ma curiosité. Le générique d'ouverture n'annonçait rien de bon : film hautement soutenu et, supposai-je, grassement subventionné qui serait au cinéma ce qu'un député " issu d'une minorité visible " et fruit de la discrimination positive, serait à la politique. Un film sur l'éducation, sur les quartiers difficiles, sur les jeunes (…), mobilise facilement les producteurs et les institutions. On peut du moins le supposer.
Entre les murs - l'affiche du film
D'ailleurs, les premières minutes dressaient des portraits conformes : le jeune Chinois travailleur et discipliné (et vivant dans une apparente sérénité sa totale exclusion du groupe), les jeunes Africains paresseux et frimeurs, la jeune Française " de souche " poursuivant une scolarité sans reproche… Le foot, le rap, la culture urbaine, les parents débordés… Le plaisir du spectateur est alors de voyeurisme. C'est assez affligeant, c'est aussi drôle — avouons-le — de voir ces enfants échouant à composer une phrase simple ou à écrire des mots d'usage courant. On déplore l'avenir allocataire que semblent se préparer une majorité d'entre eux, bien loin de l'idéal commun : joueur de football / chanteuse de variétés.
Entre les murs - une photo du tournage
Voilà ma première impression. La seconde est meilleure. Car, à mesure que se précisent les caractères, que s'ordonne l'intrigue (d'une épaisseur de téléfilm, mais qu'importe), on est pris d'intérêt. Le réalisateur, Laurent Cantet, parvient à dégager les sensibilités enfouies sous l'épaisseur des conventions, autrement dit le visage sous le masque. Parmi mes scènes préférées : celle où Souleymane, le garçon noir à problème, bientôt exclu de l'établissement, crée un diaporama autobiographique qu'affiche le professeur ; valorisé pour la première fois, Souleymane laisse entrevoir l'élève épanoui qu'il aurait pu être. A cet instant, le film fonctionne, le film convainct. Les enseignants sont dépeints avec justesse et l'acteur principal, jouant un professeur volontaire mais ambivalent, est d'une rare sincérité. S'il y avait une leçon à tirer de ce film — elle est suffisante —, c'est que rien n'est simple, rien n'est blanc ou noir. L'école reflète la société dans sa complexité.
Quel est l'avis des " professeurs en exercice " qui ont vu le film ? J'attends impatiemment de le connaître.
Entre les murs - les jeunes acteurs du film
23 juin 2008
Zéro réseau !
Chers amis,
Vous êtes sans doute dans mon cas : journellement ou presque, je reçois des invitations d'amis ou de connaissances membres de réseaux professionnels sur Internet, lesquels sont censés faciliter l'échange et la communication entre leurs membres.
J'ai effectué un petit recensement des réseaux dont les adhérents m'ont sollicité : Linkedin, My Space, Meet You Messenger, Yahoo Messenger, Viadeo, parmi d'autres moins connus. Au total, une dizaine…
Vous savez quoi ? J'ai décidé de n'adhérer à aucun. C'est faire bande à part, je l'admets, mais cette profusion de réseaux numériques m'écorche les nerfs. Plusieurs de celles et ceux qui les fréquentent, et qui m'ont sollicité d'y appartenir, sont indisponibles quand je leur demande, banalement, s'ils veulent déjeuner avec moi ou m'accompagner au cinéma — sans doute parce que l'entretien de leurs nombreux avatars numériques leur prend trop de temps.
Je possède un blog, j'ai deux pages musicales sur My Space. C'est suffisant, c'est presque trop. Je m'en tiendrai là.
Débranche !

Une toile d'araignée géante, au Texas.
Internautes, nous sommes tous pris à l'intérieur !
















































