01 novembre 2007
Illustre
Chers amis,
Je me suis livré cet après-midi à un passe-temps sans intérêt, mais non sans pertinence : j'ai saisi mon nom de famille, BLEYS, sur le site de recherches Yahoo, catégorie " Images ".
Sous ce patronyme que je croyais peu répandu, on trouve néanmoins :
Un chien que sa propriétaire, très amoureuse, photographie sous toutes les coutures
Un peintre flamand, Willy
Bleys (1909-1978), dont voici l'autoportrait " au clown "
Un joueur de golf du circuit professionnel, John Bleys
Deux personnages de science-fiction ; le premier : ce mystérieux " young Bleys "…
… le second, prince Bleys, tiré de l'illustre saga des princes d'Ambre de l'écrivain Roger Zelazny
… et même un serpent domestique !
Qui l'aurait cru ?
24 mai 2007
Recette du bonheur
Chers amis,
Voici quelques semaines, on m'a proposé d'intervenir publiquement sur le thème du bonheur.
Je suis fréquemment sollicité pour donner des conférences, ici ou là, mais c'est la première fois qu'on m'invite à réfléchir sur un sujet d'ordre plus philosophique que littéraire et, sans doute, plus intime qu'affiché. C'est une position difficile à tenir, car chacun dans la salle — et l'assemblée était nombreuse — devait se demander : à quel titre ce garçon nous parle-t-il du bonheur ?
J'ai donc commencé par proclamer que je n'étais pas spécialiste de la question, ni non plus un spécimen particulièrement épanoui d'être humain — ni grand lama, ni Henri Salvador. Puis j'ai rapidement opposé bonheur individuel, celui que nos sociétés matérialistes ont dégradé en simple bien-être, et bonheur collectif dont les utopies du passé portaient l'idéal, mais qui a déserté aujourd'hui la plupart des consciences. J'ai asséné au passage quelques évidences : la vie, la vraie n'est pas dans les supermarchés ; une promotion sur le rôti de bœuf n'égaye que les mannequins d'affiches publicitaires. Une occasion pour moi de dénoncer la fameuse pyramide de Maslow et sa lourde schématisation : je ne crois pas qu'il faille manger à sa faim pour trouver des amis, ni gagner l'estime des autres pour s'accomplir personnellement ; autrement dit, le bonheur n'a pas de critères à remplir successivement, mais advient presque toujours par surprise et dans les conditions les moins favorables.

La pyramide de Maslow. Cliquer pour afficher plus grand
Au final, j'ai donné du bonheur cette définition peu risquée : celle d'une ombre toujours proche, mais toujours fuyante, qu'on ne peut saisir tout en la sachant là.
Mais j'aurais pu faire plus simple. Car, à défaut de bonheur, c'est une volupté directe et intense que me procure la réunion hebdomadaire de ces deux objets :
• une paire d'œufs en gelée à déguster muni d'une fourchette ;
• un poste de télévision branché sur la chaîne Arte, à 20 h 40, le samedi soir, comme débute le générique de L'Aventure Humaine.
Inutile de vous préciser que je déteste les œufs et juge d'un prix excessif ce bloc de gelée enfermant quelques crudités.
Mais voilà, face à Arte, cette spécialité en bouche, je suis à mon aise ! Vous savez désormais comment me faire plaisir…
17 février 2007
Tombé du ciel
Comme vous l'ignorez sans doute, j'habite non loin de Paris la charmante bourgade de Vitry-sur-Seine et même, dans cette commune de grande étendue, un quartier bordant la zone industrielle. Cette situation comporte au moins un avantage : notre maison se trouve à quelques tours de roue de l'hypermarché LECLERC et de la station d'essence voisine, où ma Polo assouvit chaque mois — guère plus — sa soif d'hydrocarbure. Or, le rond-point face à l'hypermarché accueille un bien curieux " totem ", sur la nature exacte duquel je vous laisse méditer face aux photos suivantes :
Je me suis longtemps demandé ce que pouvait être cette grosse sphère de métal, couleur pain brûlé, avec ses portes boulonnées et ses hublots double épaisseur. Mes recherches sur Internet n'ayant rien donné, j'ai saisi la société d'histoire de Vitry-sur-Seine laquelle, fort aimablement, m'a fourni les éléments dont elle disposait : il s'agit d'une capsule spatiale soviétique des années 1960 ou 1970, qu'un ancien directeur de l'hypermarché a acquise lors d'une séance d'enchères. Quand la vente a-t-elle eu lieu ? De quel modèle d'astronef s'agit-il ? Personne n'a pu me répondre.
L'enquête se poursuit
J'ai donc écrit au directeur de l'hypermarché, à deux reprises et à trois mois de distance, pour avoir accès à ses archives. Qui sait ? Peut-être allais-je découvrir, au milieu des factures de fournisseurs, le titre de propriété de l'engin ? Las ! A ce qu'il semble, la gestion des stocks de yaourts et d'aliments pour chiens ne laisse aucun répit à ce monsieur ou à cette dame, puisqu'il ne m'a pas répondu. J'en suis réduit aux conjectures : la capsule est-elle rescapée d'une grande aventure spatiale ? Youri Gagarine, le premier homme dans l'espace, l'a-t-il habitée — une avenue porte son nom à Vitry-sur-Seine ?
Je ne me lasse pas, en tout cas, d'admirer cet étrange objet. Chaque fois que ma Polo en fait le tour — deux ou trois fois, à la grande épouvante des autres autos engagées sur le rond-point ! —, ma pensée s'évade… Voilà certes une fin peu glorieuse pour ce vestige de la conquête spatiale : planté sur un clou d'acier, affublé de ce ridicule panache de tôle, de cette trompe grotesque qui m’évoque irrésistiblement un nez de clown, à mi-distance d'une station d'essence et d'un hypermarché !
N'est-ce pas l'emblème insolite de notre décadence ? D'une société à ras-de-sol qui n'aspire plus qu'à remplir son caddie ?
Alors, me reviennent en mémoire ces vers de Baudelaire sur l'albatros :
« Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait ! »
Ou, du même, cette prose célébrant les nuages… et le vertige qu'ils procurent à leurs contemplateurs :
« Il n'est pas de plus grand voyage qu'on fasse
Qu'en regardant les nuages qui passent. »
Mon conseil du jour : levez les yeux !



















