18 novembre 2007
En grève !
Chers amis,
Il serait plaisant que les écrivains, eux aussi, puissent se mettre en grève ; qu'il leur soit donné de cesser toute activité littéraire pour défendre leurs droits et soutenir de légitimes revendications : le chômage, les congés payés, les tickets restaurants — toutes choses dont certains d'entre vous bénéficient, et que leur statut ignore. Nous réclamerions aussi une indemnité pour les taches d'encre qu'il nous fait subir, générant d'importants frais de blanchisserie — ce n'est pas plus grotesque que la " prime charbon " des cheminots (au sujet de cette prime, voir l'intéressant communiqué de la SNCF, qui dément cette rumeur et bien d'autres. Artifice de communication, ou vraie révélation ? Je vous laisse juges).
Cependant, imaginez que demain, tous les littérateurs sans exception lèvent la plume au beau pays de France. Quelles seraient les conséquences ? Sans doute aucune.
Les éditeurs écouleraient leurs fonds, souvent considérables, de quoi alimenter des siècles de lecture. Les libraires solderaient le stock correspondant. Les journalistes parleraient des anciens et des morts, ce que beaucoup font déjà. Quant aux bibliothécaires, sevrés passagèrement de nouveautés, ils auraient le temps de mettre un peu d'ordre dans leurs rayons.
J'écris cela sur le ton de l'humour mais en toute franchise, les grévistes des transports me pèsent sur les nerfs. Un vol annulé le 29 octobre dernier (grève Air France) qui nous a infligé, à ma petite fille et à moi-même, sept heures d'automobile ; et probablement, cette semaine, un séjour à Paris lui aussi ajourné (grève SNCF). L'incitation est forte à ne plus voyager et à privilégier le vélo, déjà mon véhicule exclusif en ville, sur de plus grandes distances… Allez, tous en selle !












