29 octobre 2007
Chef-d'œuvre
Ma fille (quatre ans), jugeant une photo d'elle encadrée :
" Le cadre est joli, papa, mais moi je suis plus jolie que le cadre ! "
Petit trait d'immodestie auquel néanmoins je souscris…
28 octobre 2007
Sur Radio Télérama
Chers amis,
Tous les grands médias, on le sait, se sentent à l'étroit dans leur format " historique ".
Arte, une télévision, produit désormais une radio en ligne (de très grande qualité, d'ailleurs, je vous invite à visiter leur site Internet).
Télérama, un magazine papier, diffuse aussi sur les ondes.
En complément du bel article publié dans le numéro du 18 juillet sur mon roman Semper Augustus (Gallimard, mai 2007), Radio Télérama met en ligne un entretien avec son auteur, Gilles Heuré. Vous pouvez l'entendre sur cette page.
Bonne écoute !
26 octobre 2007
A écouter et à voir…
Chers amis,
Pour celles et ceux qui n'habitent pas Bordeaux, et auxquels un long trajet en voiture (ou d'interminables travaux de broderie) procurent une heure de loisir, voici la version " podcast " de ma conférence à la librairie Mollat, le 12 octobre dernier.
Elle portait sur mon dernier roman, Semper Augustus (Gallimard, printemps 2007).
La page correspondante sur le site de la librairie :
http://www.mollat.com/conferences/olivier-bleys-1816.html
… ou un lien direct vers le podcast :
http://www.wikio.fr/news/Paulus+van+Bereysten
Puisque l'heure est aux tulipes, je ne résiste pas à l'envie d'exposer ici la couverture d'un très joli " mail-art " reçu cette semaine d'une amie, Muriel Quintard, en hommage au même roman dont elle vient d'achever la lecture :

… Les autres pages sont visibles sur son blog.
Autre hommage, à mon roman Pastel cette fois (Gallimard, 2000), celui des élèves d'une classe de 4e, dans un collège d'Angers où je suis intervenu. Ils m'ont remis un grand rouleau de papier rouge sur lequel était tracé, de leur plus belle écriture, le texte que voici :
" Les doigts de l'arc-en-ciel
Noir : une panthère qui se fond dans l'univers étoilé…
Enfin sorti de l'ombre, le noir voit le jour et devient l'égal du blanc.
Quand il fait entre chien et loup, la jeune fille habillée de ténèbres fuit poursuivie par la mort.
Quand l'aube se lève, les rayons du soleil s'illuminent et je n'ai plus qu'à savourer les feuilles orangées du printemps.
Lorsque le printemps illumine jardins et champs, mon regard ne voit qu'orange et dévore jusqu'aux racines.
Orange, dignité étoilée, surtout ne pas plier.
Rose : fleur et jeune fille à la fois, couleur de l'amour, de tous les sacrifices.
Roses d'un jour, roses pour toujours et roses d'amour !
Quand groseilles, vermeille et éveil riment avec merveille…
Dans un pré, je me pose pour cueillir des bleuets, mais je préfère les roses et les vers en prose.
Vert, comme la vipère qui se terre dans les fougères.
Vert, comme les yeux de ma mère aux belles prières.
Vert, léger comme l'air, qui répand la douceur sur Terre.
Je voudrais m'y blottir pour y mourir.
Le jaune est un éclair qui nous foudroie le cœur.
Ce sont les rayons du soleil qui animent les journées d'automne.
Couleur des blés et des foins qui prennent des couleurs d'or quand le vent les effleure.
Blanc, douceur d'un nourrisson, couleur des dieux et de mes aïeux.
Pureté incarnée, maléfice enchanté, tu te répands où bon te semble, lorsque la bise nous fend les cœurs, pour déposer sur ton chemin un léger voile de lait.
Noir, le ciel de la nuit me donne de l'espoir et me laisse la chance d'y croire.
Le noir n'est guère qu'une simple et banale teinte sombre, c'est en effet l'inéluctable empreinte que les ténèbres infernaux ont laissée derrière elles pour suffire à notre malheur.
Le rouge, une couleur qui me fait bouillir le cœur de douleur.
Signé : les élèves de la classe de 4e 6 du collège Chaumié (Agen) le vendredi 19 octobre 2007 "

Le texte original, calligraphié sur papier fort
24 octobre 2007
Respiration de la Terre
Chers amis,
J'étais bien désœuvré samedi soir, dans mon hôtel près d'Agen, pour regarder ce long documentaire sur les fougères diffusé à la télévision. J'ai toutefois retenu un chiffre : voici 150 millions d'années que ces plantes ont colonisé notre planète, à comparer aux 6 000 ans de l'histoire humaine, et aux 76 ans de l'espérance de vie masculine en Aquitaine.
Projetons-nous en imagination très loin dans le passé, et considérons l'aspect de la Terre, c'est-à-dire celui des continents émergés. Vous savez que les continents dérivent ; voici 255 millions d'années, l'Afrique adhérait à l'Amérique du sud, et l'actuel Brésil jouxtait l'actuel Nigeria — on aurait pu marcher de l'un à l'autre.
Voici à quoi devait ressembler notre planète :
… à comparer avec aujourd'hui :
Ces images sont familières. En revanche, on connaît beaucoup moins le visage de notre planète dans le futur, tel que les scientifiques l'ont calculé. Voici la projection réalisée par une équipe américaine, à plus 250 millions d'années :
Vous ne remarquez rien ? Cette image ressemble beaucoup à la première ! Les continents actuellement disjoints se regroupent et s'unissent, formant une nouvelle fois le " supercontinent ", Pangée, qui existait au début du Jurassique ! Maintenant, regardez les trois planisphères à la suite… Ne dirait-on pas que la Terre respire ? Le mouvement des continents sur cette très longue durée ne vous évoque-t-il pas l'action de poumons s'emplissant d'air et se vidant ? Ça laisse songeur…
Autre image qui donne à réfléchir, celle de la fin de notre univers, telle que les théories scientifiques les plus avancées la prévoient… Les savants s'attendent à une " vaste déchirure " (big rip) faisant écho au big bang originel. L'énergie sombre, cette force mystérieuse à l'œuvre dans le cosmos, finirait par semer le chaos. Ça donnerait à peu près ça :
Voici la vraie fin du monde… Heureusement, ce n'est pas pour demain !
22 octobre 2007
L'automne arrive, emmistouflez-vous !
Chers amis,
Je me demande dans quelle mesure l'apprentissage d'une langue maternelle, à ses débuts, diffère de celui d'une langue étrangère — et si les fautes des élèves anglais ou allemands qui s'initient au français sont comparables à celles de nos plus jeunes compatriotes.
Il me semble que les erreurs commises par l'enfant dans son maniement de la langue ont un charme que possèdent rarement celles des locuteurs plus âgés.
J'en tiens fièrement pour preuves les expressions ci-dessous, entendues chez ma fille âgée de quatre ans :
" Maman, tu es en entier belle. "
" Avec ce pull, je vais m'emmistoufler. " (celle-là, je la soumettrais volontiers au dictionnaire)
" Aujourd'hui, les nuages sont bas, il y a du gruyard. " (à mi-chemin, vous l'avez compris, de " gruyère " et de " brouillard ", avec peut-être l'attraction de " grouiller ")
Songez à faire votre propre récolte !
05 octobre 2007
Pour les Bordelais(e)s
Chers amis,
S'il se trouve des Bordelais(e)s parmi vous, ils sont chaleureusement conviés à la " causerie " que je donnerai à la librairie Mollat, la plus grande de la cité girondine, le vendredi 12 octobre prochain à 18 h.
En image :
Attention, il s'agit des salons de la librairie, voisins mais distincts du commerce lui-même.
Je vous y attends nombreux !
04 octobre 2007
Le saint et l'oiseau
Chers amis,
Certains d'entre vous pourraient, à bon droit, se plaindre du rythme ralenti de mes publications électroniques.
Ce n'est pourtant pas faute d'inspiration. Sur l'écran de mon ordinateur figure un " post-it " où je consigne tous les sujets que je voudrais traiter sur " Volubilis ". Il est plein ! Mais le temps est une denrée coûteuse, se raréfiant plus vite encore que le pétrole !
Je ne pouvais néanmoins ignorer ce quatre octobre marquant une fête qui m'est chère (celle de saint François d'Assise, grande figure religieuse auquel j'ai consacré une fiction historique : le jardinier d'Assise [Desclée de Brouwer, 2005]) et, en cette année 2007, le cinquantenaire de la mise en orbite de Spoutnik.
Spoutnik, pour ceux qui l'ont oublié, est le premier objet jamais envoyé par l'homme — soviétique, mais qu'importe — dans l'espace. Une jolie boule argentée de 83 kilogrammes dont le " bip ", si familier aux radioamateurs de l'époque, a donné le départ de la conquête spatiale.

Saint François prêchant aux oiseaux, par Giotto

En 1957, un oiseau de métal : Spoutnik
Un saint du XIIe siècle, un satellite du XXe… Quoi de commun ?
A mes yeux, leur même désignation de l'infini, l'accès qu'ils ont permis à une dimension supérieure de l'existence humaine.
Fêtons-les, en ce jour béni !

















