22 août 2007
Brève équinoxiale n° 8
On m’a décrit Belém, une ville brésilienne sur l’Équateur, comme une enclave urbaine dans la forêt amazonienne, en même temps qu’une île dans l’immense delta du fleuve qui l’enserre de toute part.
En un sens, São Luis est l’opposé : dans le centre historique où poussent peu d’arbres, les demeures coloniales à l’abandon, dont le toit s’est écroulé, forment de petits enclos de forêt vierge qui vont chaque jour épaississant. Il s’en échappe rarement des serpents ou des mygales qu’on voit, paraît-il, escalader les trottoirs avant d’être avalés par une bouche d’égout. J’aime cette discrète menace d’engloutissement que la nature fait peser sur la ville. On dirait qu’une végétation à l’affût derrière les volets pourris et les murs effrités des vieilles demeures attend le moment d’infester São Luis.
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