volubilis

Le blog littéraire, hédoniste et jardinier d'un écrivain, Olivier Bleys.

17 août 2007

Brève équinoxiale n° 7

Il y aurait long à écrire sur les méfaits du tourisme, invention tardive (elle n’a guère plus d’un siècle) et prédatrice des sociétés occidentales. L’idée qu’autrefois, la planète pût receler des territoires vierges, ou du moins peu fréquentés — cette idée a vécu. Partout où l’on voyage, aujourd’hui, un Coca-cola frais nous attend, et des biscuits sous emballage plastique, et un guide parlant anglais. Des pirogues chargées de produits cosmétiques remontent les rivières d’Amazonie en quête de clientèle, et nos portables sonnent jusqu’aux confins du désert.
J’avais été étonné de rencontrer un « Tourist Canoë » (l’immatriculation, en grandes lettres blanches, habillait tout le flanc d’une pirogue) sur un petit lac volcanique des hauteurs de l’Ouganda. C’était en 1992. Cinq heures de piste à bord d’un 4 * 4 loué, par des chemins peu fréquentés, n’avaient pas suffi à sortir de la zone touristique.

ouganda1992


Ouganda, 1992. C’est sur ce lac que le Tourist Canoë vint à notre rencontre.


Au Brésil, de nos jours, c’est hélas ! la même chose. Les routes sont connues, les étapes balisées  et le vrombissement des buggys dérange à tout instant la quiétude des plages océaniques. Cela, j’en suis conscient, nuit à l’intérêt de ces notes équinoxiales. Elles n’offrent rien de neuf mais bénéficient, au mieux, du regard singulier qu’un voyageur d’expérience — disons plutôt, un touriste de métier — porte sur l’étape du jour. Je regrette de ne pouvoir offrir mieux.


Posté par cassiel à 01:31 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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