12 août 2007
Brève équinoxiale n° 1
Chers amis,
Un mois après mon arrivée au Brésil, la nécessité est apparue de remplacer ces " chroniques brésiliennes ", de format trop généreux, par des " brèves équinoxiales " (São Luis faisait anciennement partie de la " France équinoxiale ") reflétant mieux le caractère épars, fragmenté et fuyant des impressions de voyage.
La première de ces notes sera un hommage aux PISTOLEIRAS de São Luis, que n'importe quel noctambule séjournant ici a croisées et souvent enrichies. Voici de quoi il s'agit : passé minuit, de belles jeunes femmes en tenue « western » (chapeau de cow-boy à franges, soutien-gorge rose semé de paillettes, hauts talons assortis) arpentent les rues de la ville d’un pas nonchalant. Autour de leurs reins, une ceinture, ou plutôt une cartouchière conçue pour transporter plusieurs bouteilles d’alcool — ici, souvent de l’alcool de manioc — et toute une batterie de mignons petits verres à liqueur.
On fait son choix d’une boisson : plusieurs quantités, plusieurs dosages sont proposés. Alors, la pistoleira dégaine. En un tournemain, le verre est servi qu’elle « culotte » — je ne trouve pas d’autre mot — en claquant le fond. Il est temps de boire, debout et cul-sec, un mélange titrant facilement 60 degrés. Ambiance garantie.
Que n’avons-nous aussi, dans nos paisibles villages, de ces mercenaires éthyliques ?












