29 mai 2007
Conversation automnale
Chers amis,
Hier, fraîcheur et pluie sur la capitale.
C'est sans doute ce qui a inspiré cette réflexion à ma fille :
" Papa, t'es un peu vieux mais t'es pas mort quand même. "
Question angoissée du père, qui bombe le torse :
" Pourquoi tu me trouves vieux ? "
Réponse posée de ma fille, après un instant de réflexion :
" T'as de vieux yeux. Ils ont pas le même bleu que nous. "
Nous désignant, bien sûr, Alice et sa maman…
Me voilà mûr pour la crise de la quarantaine !
24 mai 2007
Recette du bonheur
Chers amis,
Voici quelques semaines, on m'a proposé d'intervenir publiquement sur le thème du bonheur.
Je suis fréquemment sollicité pour donner des conférences, ici ou là, mais c'est la première fois qu'on m'invite à réfléchir sur un sujet d'ordre plus philosophique que littéraire et, sans doute, plus intime qu'affiché. C'est une position difficile à tenir, car chacun dans la salle — et l'assemblée était nombreuse — devait se demander : à quel titre ce garçon nous parle-t-il du bonheur ?
J'ai donc commencé par proclamer que je n'étais pas spécialiste de la question, ni non plus un spécimen particulièrement épanoui d'être humain — ni grand lama, ni Henri Salvador. Puis j'ai rapidement opposé bonheur individuel, celui que nos sociétés matérialistes ont dégradé en simple bien-être, et bonheur collectif dont les utopies du passé portaient l'idéal, mais qui a déserté aujourd'hui la plupart des consciences. J'ai asséné au passage quelques évidences : la vie, la vraie n'est pas dans les supermarchés ; une promotion sur le rôti de bœuf n'égaye que les mannequins d'affiches publicitaires. Une occasion pour moi de dénoncer la fameuse pyramide de Maslow et sa lourde schématisation : je ne crois pas qu'il faille manger à sa faim pour trouver des amis, ni gagner l'estime des autres pour s'accomplir personnellement ; autrement dit, le bonheur n'a pas de critères à remplir successivement, mais advient presque toujours par surprise et dans les conditions les moins favorables.

La pyramide de Maslow. Cliquer pour afficher plus grand
Au final, j'ai donné du bonheur cette définition peu risquée : celle d'une ombre toujours proche, mais toujours fuyante, qu'on ne peut saisir tout en la sachant là.
Mais j'aurais pu faire plus simple. Car, à défaut de bonheur, c'est une volupté directe et intense que me procure la réunion hebdomadaire de ces deux objets :
• une paire d'œufs en gelée à déguster muni d'une fourchette ;
• un poste de télévision branché sur la chaîne Arte, à 20 h 40, le samedi soir, comme débute le générique de L'Aventure Humaine.
Inutile de vous préciser que je déteste les œufs et juge d'un prix excessif ce bloc de gelée enfermant quelques crudités.
Mais voilà, face à Arte, cette spécialité en bouche, je suis à mon aise ! Vous savez désormais comment me faire plaisir…
21 mai 2007
Sur vos écrans
Chers amis,
Je suis l'un des cinq invités de l'émission " Bibliothèque Medicis ", animée par Jean-Pierre Elkabbach, qui sera diffusée prochainement sur la chaîne Public Senat et conjointement sur la chaîne TV5 Monde.

Le thème de cette émission littéraire bimensuelle est aujourd'hui : les romans de l'été.
J'ignore si les tulipes cultivées dans mon dernier roman sont du type tardives qui s'épanouit jusqu'à la fin du printemps, vous pourrez en juger en regardant l'émission :
• le vendredi 1er juin à 18 h 30
• le samedi 2 juin à 13h
• le samedi 2 juin à 21h
• le dimanche 3 juin à 17h
• le lundi 4 juin à 7h30
• le lundi 4 juin à 14h
Bonne séance.
L'annexe historique de la bibliothèque du palais du Luxembourg (Sénat) où l'émission est tournée.
Cette photo est la seule que j'ai pu trouver de ce site admirable. Elle a été prise par un visiteur, pendant les journées du patrimoine — ceci explique la foule inhabituelle qui se presse parmi ces milliers de livres. D'ordinaire, hélas ! la bibliothèque est déserte et silencieuse.
20 mai 2007
Fâcheuses couvertures
Chers amis,
Si vous êtes lecteurs assidus de ce blog, vous vous souvenez peut-être que le seul magazine auquel je sois abonné est un mensuel de vulgarisation scientifique, Science & Vie. Pour être exact, il est une autre publication que je reçois régulièrement, sans avoir jamais souscrit d'abonnement ni même demandé de numéro gratuit à titre d'essai — mystère de l'acheminement postal : il s'agit de l'Expansion.
Les derniers numéros de ces deux magazines ont en commun de m'avoir irrité. Vous comprendrez pourquoi à l'aspect de leurs couvertures, que je reproduis ici :
" Après le pétrole, nucléaire ou charbon ? ". Quelle question révoltante ! Vraiment, il n'y aurait pas d'autre alternative que le charbon si polluant ou le nucléaire si dangereux pour relever les défis énergétiques de l'avenir ? Toutes les énergies dites " renouvelables ", le solaire, l'éolien, la géothermie (…) seraient à balayer d'un revers de la main sous prétexte qu'en l'état actuel des recherches, elles ne seraient pas aussi performantes que les énergies fossiles ? Honte à Science & Vie !
Une couverture non moins provocante pour L'Expansion... Alors que les sans domicile fixe dressent leurs tentes sur les quais parisiens (et parfois entre deux bretelles de périphérique, comme je l'ai vu aujourd'hui), ce magazine économique n'imagine rien de mieux que d'établir le classement des plus grosses fortunes françaises — magnat de la piscine couverte, grand industriel du tire-bouchon et autre roi de la bretelle en caoutchouc véritable. C'est d'une rare impudeur. De telles publications inoculent la haine du capitalisme.
16 mai 2007
Coup d'œil
Chers amis,
Mon dernier roman, Semper Augustus, sort aujourd'hui mercredi 16 mai 2007 en librairie.
Pour exercer efficacement votre mémoire visuelle, vous trouverez ci-joint une reproduction de la couverture.
Beaucoup d'entre vous le savent, il s'agit de tulipes, et du commerce effréné dont ces fleurs étaient l'objet dans les Pays-Bas de l'Âge d'Or (17e siècle).
Les éditions Gallimard, aujourd'hui même, ont mis en ligne un entretien vidéo en six parties que vous pouvez visionner à cette adresse. Il suffit de cliquer sur le lien " l'entretien " en bas de page.
Bonne lecture !
13 mai 2007
ILS ONT REPONDU !
Chers amis,
Voici quelques mois, j'adressais un courriel à Virgin Galactic, l'une des rares sociétés à commercialiser des vols pour l'espace — quelques heures passées sur orbite, à un prix très élevé (actuellement une dizaine de millions de dollars).
Je leur écrivais, sur le ton de l'humour, qu'on avait vu la première femme dans l'espace , le premier Africain dans l'espace, le premier Chinois dans l'espace… mais qu'on n'était pas prêt de voir le premier pauvre dans l'espace ! Et, plein d'optimisme, je me proposais comme passager gratuit, donc surnuméraire, sur l'un de leurs prochains vols. Mon seul argument était qu'au XIXe siècle, en Europe, maints voyageurs étaient des artistes — mais qu'aucun d'entre eux n'avait encore vaincu la pesanteur, malgré la résidence artistique accordée récemment par la Nasa à la plasticienne et musicienne new-yorkaise Laurie Anderson : voir ici le récit en anglais de cette étonnante " première ".

Laurie Anderson, en résidence à la Nasa, assiste à une démonstration d'un simulateur de station spatiale en 3D
Quelle n'a pas été ma surprise, hier, de recevoir une réponse ! Voici donc ce que m'écrit Virgin Galactic :
" Olivier,
Thanks so much for your email. As you can imagine we receive hundreds of email s like yours everyday and we are just unable top help everyone. You may be interested to hear that we have been looking at the idea of a Galactic lottery as a way of offering as many people as possible the chance to fly to space with Virgin. There are stringent legal and regulatory provisions in many countries that make operating a lottery extremely difficult in most cases, but we continue to look at ways that we might be able to achieve it. Thanks for thinking of us and keep an eye on the news for further developments on the above!
Kind regards
Louise "
Vous l'avez compris si vous parlez anglais, ma seule chance d'embarquer gratuitement sur un vol Virgin Galactic est d'acheter un billet gagnant à la loterie qu'ils projettent d'organiser un jour. Perspective bien lointaine… Peut-être serait-il plus rapide de construire mon propre astronef ?
Nouvelle contribution
Chers amis,
Jean-Pascal enrichit notre collection laborieuse en diffusant (ci-après) une photographie de son bureau professionnel, et une autre de son bureau personnel, chez lui. Il nous invite à une étude comparative, formulée en ces termes : " votre bureau perso ressemble-t-il à votre bureau boulot ? " A vous de répondre !

Le bureau professionnel de Jean-Pascal
Le bureau personnel de Jean-Pascal
09 mai 2007
Au boulot - suite !
Chers amis,
Répondant à son tour à l'appel que j'ai lancé, Muriel m'envoie ce cliché qui représente, indique-t-elle, le " lieu de réflexion de mon travail ", " plus intime que celui ou je mets en œuvre mon travail ", ce dernier étant " un lieu imposé et institutionnel ".
La collection s'étoffe !
05 mai 2007
Au boulot !
Chers amis,
Voici quelques semaines, je vous avais invités à publier une photographie de votre lieu de travail, comme je l'avais fait moi-même en proposant une image de mon divan…
L'un de vous a répondu à cet appel : il s'agit de Rodolph, dont vous découvrirez ci-après le paysage quotidien. Le message accompagnant la photo précisait : " Cette photo ne présente qu'une partie de mon bureau, puisqu'elle ne montre pas la "demi-lune" juste à gauche, qui me permet de recevoir mes candidats. " Et, répondant à ma suggestion de faire paraître sa photo en ligne, Rodolph indiquait encore : " Nous verrons bien où cela nous mène ? Peut-être aussi vers des échanges sur le rapport que l'on a au Travail, en commençant par celui que l'on a avec son lieu ? Tu sais que le thème du Travail m'importe et m'intéresse. "
Le Travail, thème on ne peut plus électoral, est l'un des grands tabous français. Rares sont aussi les romanciers qui situent leurs récits dans un cadre de travail (bureau, entreprise…), à l'inverse d'anglo-saxons comme David Lodge dont c'est l'environnement favori. Curieusement, la valeur Travail — gardons la majuscule — réunit, aux deux extrémités du spectre politique, Nicolas Sarkozy d'un côté, les communistes de l'autre. Puisque j'habite, pour quelques semaines encore, une ville de la ceinture " rouge " de Paris (Vitry-sur-Seine), je peux témoigner qu'un véritable culte est rendu ici au travail : célébration flamboyante de l'anniversaire des congés payés, rues portant les noms de grands industriels (ainsi Camille Groult, manufacturier de pâtes alimentaires), fonds dédié à la bibliothèque municipale…
Mais trêve de bavardage… Voici donc le bureau de Rodolph !
04 mai 2007
Par Toutatis !
Alice rentre en courant du jardin ensoleillé :
" Papa, je rentre à la maison avant que la nuit me tombe dessus ! "
Ses ancêtres, à n'en pas douter, étaient de sang gaulois…



















