05 avril 2007
Lecture écologique
Chers amis,
Dimanche dernier, le 1er avril, notre petite famille répondait à l'appel de plusieurs associations écologistes et grossissait de trois nouvelles unités le vaste rassemblement organisé place du Trocadéro, à Paris, France, pour intimider les candidats à l'élection présidentielle.
J'avoue n'avoir aucune culture militante ; c'est pourquoi j'ignore la façon de me comporter dans ce genre de manifestation. Certes, il est utile de s'y rendre pour " faire nombre ". Mais une fois sur place, comment s'occuper ? Dans un défilé, au moins, on marche, on prend de l'exercice. Dans un rassemblement, sauf piocher un ou deux prospectus et mâcher une gaufre, il n'y a rien à faire.
Bref, nous nous sommes ennuyés.

La photo publiée par le magazine Le Point pour illustrer le grand rassemblement du Trocadéro.
Notez-le, le cadrage n'inclut que les " personnalités ". On ne voit pas la foule…
Or, ce qui fait la force d'une telle manifestation, ce n'est pas la présence d'Hulot et consorts, c'est celle des nombreux anonymes.
Voici un traitement " people " de l'information, aussi niais qu'insultant.
Quelques panneaux étaient dressés où les militants pouvaient inscrire leurs pensées écologiques grâce au feutre (vert) fourni. Puisque c'était le 1er avril, j'ai décidé d'introduire un peu d'humour dans ma dédicace. J'ai écrit :
" Stop au gâchis de papier. Ne lisez plus Marc Levy ! "
Je suis effaré du nombre de mes amis, la plupart cultivés, intelligents, instruits qui possèdent un ou plusieurs livre(s) de Marc Levy dans leur bibliothèque. Soyons clairs : j'abhorre le relativisme culturel, il faut distinguer de bons et de mauvais auteurs, des livres recommandables et d'autres à jeter. Marc Levy, c'est nul. Il n'y a pas à discuter.
Vous n'honorez pas l'espèce humaine quand vous ouvrez l'un de ses livres.Vous feriez mieux d'acheter La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, de Philippe Delerm, aux éditions de l'Arpenteur. Ce fut un gros succès de l'année 1997, mérité celui-ci. Je ne regrette pas l'arbre qu'on a abattu pour imprimer ces récits pleins de poésie et de délicatesse.
En me relisant le surlendemain de la rédaction de cette note, je me trouve un peu dur envers les lecteurs de Marc Levy qui, par définition, sont au moins des lecteurs. " Il n'y a pas de petit profit en matière de lecture ", écrivait j'ai oublié qui. Mais bon, un certain radicalisme ne nuit pas, dans la grisaille consensuelle que nous traversons.












