15 mars 2007
Bientôt en librairie…
Chers amis,
Mon prochain roman, Semper Augustus, sortira chez Gallimard ce printemps, sans doute en mai. C'est aussi le mois de mon anniversaire, cette échéance aussi espérée des enfants qu'elle est redoutée des adultes.
Pour la première fois, cette année, m'est venue la tentation de tricher sur ma date de naissance en me rajeunissant de deux ans. Nous verrons si j'y céderai, étant l'unique rédacteur des trois lignes de biographie figurant au dos du livre !
J'avais songé à produire une biographie fictive et pittoresque, mais Gallimard l'a refusée — peut-être avec raison. Vous serez juges en lisant ceci :
Né à Samarcande en 1973, fils d’un oiseleur vénitien et d’une flûtiste russe, Olivier Bleys est un jeune homme aussi long de taille qu’il est court de cheveux. De son enfance voyageuse et bohême, il garde l’amour du café et le regret de la musique. Ses engouements passagers, mêlés à des souvenirs de ses vies antérieures, inspirent des romans d’histoire qui ne sont pas historiques. Chacun complète d’une nouvelle pièce un luxuriant cabinet de curiosités.
L'heure n'est plus aux mythomanies. Pourtant, les artistes de son passé ne se sont pas privés d'assaisonner leur biographie avec quelques inventions savoureuses… Ainsi Bob Dylan, qui prétendait — faussement — avoir reçu une guitare d'un vieux bluesman aveugle, ou encore Orson Welles, qui se faisait passer aux Etats-Unis pour une vedette du théâtre britannique, ou enfin Heitor Villa-Lobos, compositeur brésilien du XXe siècle, qui déclarait avoir été capturé par des Indiens anthropophages…
En avant-première, voici le projet de quatrième de couverture :
" Haarlem, années 1630. Cornelis Van Deruick, un
marchand de tissus veuf et sans-le-sou, décide de quitter la Hollande
pour chercher fortune en Amérique. Il laisse ses quatre enfants à la
garde de l’aîné, Wilhem, et leur assure la protection de Paulus van
Bereysten, haut personnage de la ville, négociant en fleurs puissant et
redouté.
La Hollande est alors la proie d’une étrange folie : la passion des
tulipes. Les variétés rares atteignent des prix extravagants et font
l’objet de spéculations intenses, au point d’inquiéter les autorités.
Des fortunes se font et se défont en quelques heures sur ce marché
volatil où un seul bulbe de Semper augustus – une tulipe légendaire à
l’éclat sans pareil — vaut autant qu’un palais. Livrés à eux-mêmes, les
enfants Deruick vont affronter un monde cynique et implacable…
Basé sur un épisode historique méconnu, la « tulipomanie », où certains
économistes voient une préfiguration des bulles spéculatives modernes,
le roman d’Olivier Bleys restitue avec brio l’atmosphère fiévreuse des
Pays-Bas de l’âge d’or. Ce récit d’une formidable vitalité est aussi un
plaidoyer contre l’injustice sociale, l’asservissement des faibles par
les nantis. Il se révèle alors d’une troublante actualité. "
Ça vous donne envie de lire ? Je l'espère !
Le service artistique de l'éditeur a travaillé aussi sur la couverture, selon mes recommandations et les reproductions de tableaux que je leur avais fournies. Voici leur dernière proposition — très sombre en raison de la mauvaise définition du document original ; la couverture imprimée sera plus lumineuse :
Qu'en pensez-vous ?
L'atmosphère est bien celle du livre : obscure et inquiétante. La présence d'une tulipe cernée par les insectes symbolise l'innocence corrompue des principaux protagonistes, quatre enfants livrés à eux-mêmes dans les Pays-Bas de l'âge d'or (début du XVIIe siècle) et qui feront l'apprentissage douloureux du monde. C'est aussi un rappel de la thématique du roman que le titre, Semper Augustus, ne laissait pas deviner — un certain nombre d'entre vous le jugeaient d'ailleurs peu explicite.
Cette image est un détail d'un tableau de Balthasar van der Ast, Nature morte avec fruits et fleurs, qu'on peut admirer au Rijksmuseum d'Amsterdam.
La peinture de fleurs était très en vogue dans les Pays-Bas de l'âge d'or. C'était aussi une façon pour les bourgeois qui ne pouvaient s'offrir de fleurs véritables, souvent hors de prix, d'embellir leur maison avec des bouquets artificiels. Nombre de ces tableaux représentent des fleurs fanées ou défraîchies, parfois couvertes d'insectes — une façon d'illustrer la fragilité de ces belles créatures et la vanité de nos attachements terrestres.
Voici un choix tiré de ma collection personnelle (virtuelle, s'entend). Vous pouvez cliquer sur les vignettes pour les agrandir :

Balthasar van der Aelst
Fleurs dans un vase avec coquillages et insectes
Jan Van Huysum
Titre inconnu
HEEM Jan Davidsz
Vase de fleurs
Balthasar van der Ast
Titre inconnu
Dans mon jardin aussi, les tulipes ont percé. Pourvu qu'elles ne succombent pas au gel dont la dernière offensive de l'hiver nous menace !
Bons baisers à tous,
Olivier
Commentaires
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Il est vrai que ta bio était un peu capilotractée. C'est aussi parce que je te connais mais je sens assez facilement la malice avec laquelle tu l'as écrite.
Le texte de 4e est bien, "grand public" comme il faut.
Je trouve la couv bien quand elle est sombre et contrastée (comme sur mon écran). Cela renforce l'arrière plan psychologique dont tu parles. J'espère qu'elle ne sera pas trop éclairçie.
La couverture est vraiment superbe, comme le roman que j'ai eu la chance de lire en avant-première ;-)
Dommage pour la bio fictive, je l'aimais bien...
Suite de Vitry
J'ai un certain mérite d' avoir trouvé votre blog dont l'adresse ne correspond pas à celle que vous m'avez donné hier à la réunion de Vitry .Bon , c'est fait .
Envie de vous lire , certes , j'ai beaucoup apprécié votre intervention et l'échange qui s'en suivit .
Il me reste à apprécier vos écrits , ce que je ne manquerai pas de faire .
Le choix de la couverture est superbe , que trouve t-on derrière ?
Longue vie à l'écrivain , avec ou sans chevelure , en espérant que sa vie future dans un autre coin de l'hexagone lui procurera tout le bonheur possible .
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