volubilis

Le blog littéraire, hédoniste et jardinier d'un écrivain, Olivier Bleys.

21 avril 2008

Enfants de…

Chers amis,

Extraits d'une conversation matinale :

" Olivier : Comment s'appellent les petits du cheval ?
Ma fille Alice : les poulains.
Olivier : … les petits de la poule ?
Alice : les poussins.
Olivier : … les petits du lapin ?
Alice : les lapinous. "

Elle n'y a gagné qu'un bisou.

Les parents ont un scrupule bien naturel à publier sur Internet, en tout cas sur un blog d'accès public, des photos de leurs enfants. Leur crainte est bien sûr que l'œil torve d'un pédophile ou d'une personne mal intentionnée se pose sur ces documents - triste monde où nous vivons.
Je ne résiste pourtant pas à diffuser l'image suivante, prise lors d'un spectacle de l'école de danse fréquentée par Alice. Elle figure sur l'image, et porte une rose à la main… La reconnaîtrez-vous ?
Jeune père, c'est le premier spectacle de fin d'année auquel j'assiste. En toute franchise, je n'en attendais pas grand-chose : quelques gamins piétinant dans une salle de sports éclairée au néon. Or, ce fut un divertissement de qualité, avec un éclairage soigné, de beaux costumes et une chorégraphie admirablement réglée. Il faut combattre les idées reçues !

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Spectacle de l'école de danse donné au théâtre " Le Royal " de Pessac (Gironde) le samedi 19 avril



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11 avril 2008

En couverture

Chers amis,

C'est ma première couverture !
L'ARPEL, l'Agence régionale pour l'Ecrit et le Livre en Aquitaine, m'a fait les honneurs de la première page de son magazine, ce mois-ci, et m'a convié à donner deux conférences sur le thème de " l'écrivain-voyageur " devant un public de professionnels.

C'était cela aussi que nous étions venu chercher en région : un accès plus direct aux instances et aux gens du livre, une insertion facilitée dans cette communauté qui à Paris, pâtit de son gigantisme.

Nous voici pleinement exaucés !

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09 avril 2008

Jolie moisson

Chers amis,

Ma fille Alice, que nous appelons couramment " chat ", m'a renvoyé hier la balle — jeu favori de ces petits félins — en déclarant :

" Je veux être un chat à la place d'être humaine."

Il m'a fallu défendre l'espèce des hommes contre celle des chats, tâche moins aisée qu'on ne le croit. Les chats, en vérité, ont beaucoup pour eux : l'élégance, la propreté, la dignité, la réserve, etc. Une simple image suffit pour s'en convaincre :

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Un spécimen de chat

Âgée maintenant de quatre ans, Alice examine avec attention, et un invincible bon sens, certaines croyances adultes. Son père croit en Dieu, sa mère n'y croit pas. Elle se trouve donc en position de choisir, d'où de récentes proclamations :

" Quand on est mort, on reste mort." (au sujet de la résurrection de Jésus, dont elle peine à se convaincre)

ou encore :

" Y'a que Jésus qui est magique. "

Qu'on se le tienne pour dit !

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06 avril 2008

Tendez l'oreille…

Chers amis,

L'excellent site " Le choix des libraires " m'a proposé, voici quelque temps, un genre d'entretien téléphonique.

Vous pouvez l'entendre sur cette page.

Il est question de mon dernier roman publié, Semper Augustus (Gallimard, 2007), mais aussi de mes usages de lecteur. Je n'ai pas caché être un mauvais client des libraires : d'une part, mon ancien statut de lecteur chez Gallimard me donne un accès privilégié à leur catalogue (de quoi garnir toute une bibliothèque) ; d'autre part, j'ai pris la mauvaise habitude de passer mes commandes… sur le site de la FNAC. Ce site propose le " port gratuit " à partir d'une certaine somme, bien que cette pratique contrevienne la loi. Difficile de résister !

J'aimerais faire l'emplette de mes livres comme de ma baguette de pain quotidienne. Malheureusement, le quartier où j'ai aménagé ne dispose d'aucune librairie. C'est bien le seul commerce qui manque à cette adorable place Nansouty du sud de Bordeaux. Elle tire son nom d'un général, fondateur de l'observatoire du Pic du Midi, dont vous pouvez admirer ci-dessous la pose altière :

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18 mars 2008

Autres fleurs

Chers amis,

Ci-après, la couverture proposée par le service artistique de Gallimard pour la réédition en poche (folio) de mon roman Semper Augustus. Sortie prévue en octobre 2008.

Elle me semble très réussie. La couverture de l'édition originale, que je reproduis également, convenait au format plus large, à l'aspect mat de la jaquette. Pour l'édition poche, une illustration plus claire — dans tous les sens du mot : moins sombre et plus explicite — s'imposait. Je suis content que le service artistique ait partagé mon intuition.

Il n'aura échappé à personne que cette illustration florale précède de trois jours seulement l'arrivée du printemps !
Joyeuses Pâques !

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La couverture folio

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La couverture de l'édition originale


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15 mars 2008

Laissez-moi vous présenter…

Chers amis,

La photo reproduite ci-dessous — j'ai résisté à la tentation de retoucher mes yeux cernés et mon double menton naissant ! — a été prise au salon du livre de Bruxelles, début mars 2008.

Sur cette image, je suis en présence de Jean-Pierre Girard, écrivain québécois rencontré voici plus de dix ans lors de la troisième édition des Jeux de la Francophonie, à Madagascar. Depuis, nos chemins se sont souvent croisés : en France, au Québec, en Belgique… Jean-Pierre est un ami — et un joueur d'harmonica, comme ce cliché l'illustre efficacement.

Il est aussi l'initiateur d'une manifestation unique en son genre, les Donneurs, qui a connu depuis sa création, en 2001, de nombreuses éditions dans le monde entier. Je vous invite à visiter leur site Internet. A la base des Donneurs, une idée simple : enrôler des auteurs professionnels, quel que soit leur mode d'expression (poésie, roman, nouvelles, etc.), pour écrire à la demande des textes variés, depuis la lettre d'amour jusqu'à la lettre d'insulte, en passant par la circulaire administrative ou l'épitaphe lyrique. C'est l'occasion, bien sûr, d'un échange fructueux avec le " commanditaire " — l'homme ou la femme de la rue qui a passé commande du texte.
Bref, il s'agit d'écriture publique — et gratuite, convient-il d'ajouter. Les Donneurs parlent d'ailleurs de " foyers d'écriture publique ". Une initiative qu'il faut saluer, en ces temps de talents monnayés et de prêts intéressés…

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13 mars 2008

Contemplation

Chers amis,

J'ai longtemps été hostile, non par principe mais par goût, à la construction sur terrain nu. Force est de reconnaître que pour un bâtiment de qualité, né sous le crayon d'un architecte dans le respect de l'environnement, il y a mille pavillons sans âme qui gâchent le paysage.

Si toutefois je devais, un jour, quitter la vieille échoppe où j'habite pour une maison neuve, j'en dessinerais soigneusement les plans. Elle comporterait trois chambres d'amis, un grenier, une salle de jeu (voire une salle de billard), une pièce dédiée à la musique, une autre à la sieste, une chapelle privée et même… un observatoire astronomique.

Tel est mon rêve : disposer chez moi d'une pièce ronde coiffée d'une coupole de cuivre (voir illustration ci-dessous) que je pourrais entrouvrir les jours de beau temps pour pointer ma lunette sur les astres.

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L'ancien observatoire de Neufchâtel — modèle de ma future maison

Je suis amateur d'astronomie sans rien y connaître, et sans montrer aucune disposition pour cette science. Les mathématiques, la physique n'ont jamais été mon fort. C'est donc seulement pour contempler l'espace, à défaut de l'explorer, que je m'équiperais de ce petit observatoire. Un caprice, peut-être, mais n'y en a-t-il pas de plus honteux ? Combien de pianos de concert, par exemple, s'ennuient dans les salons d'ambassade où personne n'en joue jamais ? Combien de toiles de maître, qui jadis vibraient à la lumière, dorment dans des coffres-forts japonais ?

Je vous invite, vous aussi, à la contemplation du ciel nocturne. Vous trouverez dans la colonne droite de ce blog, sous la rubrique " albums photos ", un imagier intitulé " Cosmos opéra " qui réunit quelques-unes des plus belles vues de l'espace. Grâce soit rendue à l'APOD Viewer, un petit programme qui m'alimente quotidiennement en clichés astronomiques. Réservé aux utilisateurs de Macintoshs !

Voici un échantillon de ces belles images :

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La nébuleuse de la patte de chat, dans la constellation du Scorpion, à 5500 années-lumières de la Terre

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11 février 2008

Petit format

Chers amis,

Ce court message pour vous apprendre que mon dernier roman, Semper Augustus, paru au printemps 2007 chez Gallimard, sortira en poche cet automne. Les deux précédents (voir couvertures ci-après) sont aussi disponibles en folio.

Pour beaucoup d'auteurs, l'édition au format poche signifie l'entrée au catalogue — une présence durable, et parfois pérenne du livre sur les rayons des libraires. En tout cas, elle contribue efficacement à sa diffusion. C'est un autre public, plus jeune, plus populaire que rencontre ainsi l'ouvrage.

Une bonne nouvelle, donc !

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Les éditions folio de mes deux derniers romans.
Celle du " jardinier d'Assise ", court récit publié en 2005 chez Desclée de Brouwer, devrait bientôt voir le jour

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24 janvier 2008

Jurons alimentaires

Chers amis,

Ma fille Alice n'est pas toujours de bonne humeur.
Cependant, même énervée, elle a le juron créatif et inspiré.
C'est ainsi qu'hier, elle m'a traité en riant de :

" ravioli qu'on jette à la poêle "

Puis elle a décliné, " tomate qu'on jette à la poêle ", " endive qu'on… ", etc.  s'interrogeant pour finir sur le mode de cuisson des navets et s'ils toléraient ou non d'être frits.

Son imagination paraît fort stimulée par la nourriture. J'en veux pour preuve la série de galettes qu'elle dessine depuis qu'elle a remporté, deux fois de suite — et sans que ses parents aient aucunement aidé le hasard — la fève d'épiphanie. Des dizaines de galettes sont déjà nées sous ses crayons. En voici quatre parmi les plus récentes :

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Avez-vous remarqué comme ces galettes ressemblent aux premiers planisphères, dressés par les géographes chrétiens et musulmans du haut Moyen-Âge ? Ceux-ci, par exemple :

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Un planisphère chrétien des premiers siècles après Jésus-Christ

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Une carte de l'Afrique et de l'Espagne dressée par le géographe marocain Al-Idrissi (mort vers 1165) pour le compte du roi Roger II de Sicile

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15 janvier 2008

En Chine

Chers amis,

Ce billet sur mon récent voyage chinois s'accompagne d'un choix de photographies. Les albums "Chine", numérotés de 1 à 6, sont accessibles depuis le bas de la colonne de droite.

Complétant hier la liste de conférences que je publie sur ce blog, j'ai découvert en avoir donné, cette année, dans plusieurs pays : le Brésil, la Belgique et récemment la Chine. Je n'en tire aucune fierté : certains de mes confrères, plus aguerris, habitent l'avion comme une seconde maison ; ils sont un jour à New-York, le lendemain à Mexico, et franchissent allègrement les frontières. En comparaison, je suis un piètre voyageur. Je ne quitte mon pays qu'une ou deux fois par an et continue d'éprouver, dans les halls d'aéroport, l'excitation mystérieuse du départ.

En 2002, ma compagne et moi-même avons effectué un périple de trois mois en Asie. Notre itinéraire empruntait la Chine du Sud-Ouest (Kunming, Dali…) où se concentrent beaucoup de minorités, et où subsistent des paysages campagnards comme on n'en rencontre plus guère sur la côte très peuplée de l'Est.

Une invitation du consulat de France à Shanghai nous a permis, au tournant de l'année 2007, de retourner dans ce pays. Mais c'était dans d'autres conditions — séjour rapide et confortable — et surtout, à la découverte d'une agglomération de 30 millions d'habitants (la moitié de la population française), moteur de ce " miracle économique chinois " dont, en Europe, on nous rebat  tant les oreilles.

Il est regrettable que nous ayons découvert Shanghai de jour, et par temps brumeux — temps identique à celui qui régnait le même jour à Bordeaux, notre ville de départ, d'où l'impression étrange qu'un ciel bas et couvert régnait sur l'ensemble de la planète. Car c'est la nuit, depuis le Bund (quartier du centre, en bordure du fleuve Huangpu
), qu'on jouit du point de vue le plus spectaculaire, — donc le plus réaliste — sur la métropole chinoise. Dans l'obscurité, les gratte-ciels s'éclairent et se colorent, les bateaux-restaurants glissent telles de mouvantes enseignes lumineuses sur l'eau noire.

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Deux vues du Shanghai nocturne, prises depuis le Bund par une nuit glaciale

Cliquez sur ce lien pour visionner un petit film, tourné au même moment ; sur cet autre lien pour en voir un second. Et en prime, un troisième, tourné en taxi.

C'est une féérie asiatique qui doit tout à l'électricité, comme celles de la Chine ancienne devaient tout à la poudre — poudre à canon, poudre tonnante et fulminante des feux d'artifice… Le climat sonore aussi est très différent. La fête chinoise est souvent associée au crépitement des pétards — rien de tel à Shanghai : la rumeur nocturne de la métropole fond dans un chœur peu distinct, mais non moins évocateur, conversations dans plusieurs langues, sirènes de police, écho lointain de karaokés et cette présence minérale, indéfinissable, des hautes tours qui vous dominent.

Le spectacle n'en est pas moins beau et offre, à mon jugement, un tableau réussi de la modernité. On se prend à regretter que l'Occident refuse habituellement la couleur à ses constructions verticales. Je voudrais qu'en France aussi, les gratte-ciels soient aussi richement parés, et que les architectes fassent preuve d'autant d'audace dans le dessin de leurs bâtiments.

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Shanghai de nuit : un urbanisme coloré

De jour, Shanghai est moins belle. Peut-être parce que les magasins sont ouverts, et que l'incessante activité marchande devient nuisible : musiques hurlantes, slogans tonitruants, étals débordant du trottoir sur la chaussée, sans parler des automobiles qui ne cèdent jamais le passage au piéton… font de la promenade urbaine une expérience souvent difficile. En revanche, je n'ai pas rencontré à Shanghai la foule asiatique, grouillante, innombrable, que la démographie locale laissait présager. Même sur la place du peuple, aux heures de pointe, l'affluence ne m'a jamais paru pire qu'à Paris, rue de Rivoli, en période des soldes. On oublie que cette population nombreuse habite un territoire vaste, et que les routes, ici, font couramment cinq ou six voies. Il est vrai, c'était aussi les vacances !

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Shanghai de jour : la démesure commerciale

Certaines rues du Shanghai diurne évoquent à s'y méprendre les artères de New-York ou de Londres. A la différence des Japonais, les Chinois font aisément table rase du passé, ce qui leur permet d'entrer rapidement dans la course mondiale, mais nuit évidemment au caractère personnel de leurs cités. La culture millénaire de la Chine est depuis longtemps éventée. On ne dira jamais assez combien la Révolution culturelle, pendant laquelle disparurent tant d'intellectuels chinois, causa de tort à la mémoire de ce pays. Il faudra des décennies, sans doute, pour que l'effectif des écrivains, des artistes, bref des lettrés retrouve son niveau d'autrefois. Alors, l'immense patrimoine culturel de la Chine ancienne sera découvert, comme le fut en son temps celui de l'Égypte antique — et peut-être de la même façon, par l'intermédiaire d'étrangers curieux. Aujourd'hui, nous en sommes loin. La Chine moderne contemple la Chine ancienne comme un oiseau contemple son reflet dans l'eau troublée d'une rivière : elle s'y reconnaît peu…

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Un contraste expressif : les gratte-ciels de Shanghai, les pavillons de Hangzhou dans la province voisine

Un observateur attentif n'en relève pas moins, dans le paysage quotidien de Shanghai, des détails pittoresques où se marque,  certes superficiellement, l'écart de nos cultures : c'est une housse dont on recouvre les chaises portant vos vêtements, dans certains restaurants, afin d'éviter qu'on vous fasse les poches ; ce sont des vélos et scooters électriques omniprésents, car bon marché (comptez 300 euros pour un modèle de luxe) mais dont les batteries de mauvaise qualité posent un problème de recyclage ; ce sont des rayons " classiques du marxisme-léninisme " et " aventure militaire " dans la City of Books, immense librairie sur plusieurs étages ; ce sont encore, par des températures sous zéro, des bâtiments sans chauffage et des taxis roulant la fenêtre ouverte — ou enfin ce panneau " sol glissant " présent dans le hall de la plupart des gratte-ciels, tous dallés de marbre :

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Rien toutefois ne nous a paru plus " exotique " — vilain mot qu'il faudrait bannir de notre vocabulaire — que le Nouvel an passé à Hangzhou, à 180 kms de Shanghai, dans un palace déserté et peu anglophone. Le Nouvel An chinois éclipsant naturellement celui du calendrier grégorien, rien n'était organisé en ville pour distraire les Occidentaux de passage. Les restaurants fermaient tôt, les bars aussi. Alors, fatigués par une longue excursion autour du lac, nous avons passé le réveillon… à grignoter des chips devant la télévision chinoise, qui diffusait ce soir-là un feuilleton mythologique. Ambiance :

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Au programme de la chaîne CCTV 11, le 31 décembre 2007 à 21 h : Bouddha sur le petit écran

J'ai pourtant préféré cette fiction télévisuelle au somptueux opéra de Pékin, alors en tournée à Shanghai, qui présente peu d'intérêt lorsqu'on ne parle pas la langue. C'est une expérience assez curieuse d'entendre des spectateurs chinois s'exclamer, applaudir à tout rompre… quand vous échappe le simple argument de la scène.

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Deux photos d'une représentation de l'opéra de Pékin. D'autres figurent dans l'album dédié.

Le motif réel de mon voyage était d'intervenir dans trois universités, dont deux disposent d'un département de français. En accord avec le consulat, j'avais choisi des thèmes de conférences susceptibles d'intéresser le public chinois : histoire du voyage et des représentations du monde, histoire de la cartographie et… construction de la Tour Eiffel ! L'accueil des Chinois fut très chaleureux, avec banquet et petits cadeaux. Mais l'impression dominante que je garde de ces causeries, émaillées de nombreuses rencontres, est celle de l'élaboration progressive d'une conscience planétaire, s'affranchissant du cadre étroit des cultures et des identités.

La mondialisation économique se fait toute seule, sur la voie du matérialisme qu'empruntent, peu ou prou, tous les peuples du globe. En revanche, la " mondialisation culturelle " exigera plus de temps, plus d'effort, puisqu'elle ne répond à aucune nécessité immédiate. Ce genre de voyage donne l'impression grisante d'y prendre part…

Avec mes sincères remerciements à toutes celles, à tous ceux qui ont aidé notre séjour en Chine.

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Pendant une conférence à l'Université Normale de la Chine de l'Est (ECNU), en compagnie d'Ivan, brillant sinologue et chargé de mission au consulat


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