02 octobre 2009
Le plafond de verre
Chers amis,
Aujourd'hui sort en librairie un petit essai, ou plutôt un " récit-témoignage " sur les inégalités sociales dont je porte le projet depuis des années. C'est un des textes les plus personnels qu'il m'ait été donné d'écrire et aussi, vraisemblablement, l'un des plus polémiques.
J'ignore quel accueil il pourra trouver dans le tourbillon d'une rentrée finissante. Les enjeux, de toute façon, ne sont pas ceux d'un roman… Il m'importait surtout de donner forme et corps à des pensées obsédantes. J'espère, par ce court écrit — une centaine de pages — m'en être libéré.
Je vous livre ce court extrait :
«
Ce plafond de verre, j’en
ignorais l’existence avant mes vingt-sept ans, preuve de ma grande innocence
ou, comme je le crois plutôt, de sa grande limpidité. Pour ainsi dire, on ne
peut découvrir ce plafond qu’en donnant contre, qu’en s’y heurtant le front.
Jusqu’à mes vingt-sept ans, donc, je croyais que les bourgeois et les autres
avaient, peu ou prou, des chances égales de promotion.
Certes, il ne
m’échappait pas que les premiers se présentaient en plus grand nombre aux
concours des grandes écoles, mais je l’attribuais à une culture familiale, au
modèle du père ou de la grande sœur qui avait intégré Normale ou Polytechnique
en son temps. Je ne tirais aucune leçon de mon propre parcours, celui d’un élève
doué, à l’excellent dossier scolaire, qui n’en a pas moins choisi de banales
études universitaires.
Si j’avais boudé les grandes écoles auxquelles mes résultats m’auraient permis de prétendre, c’était je crois par atavisme : non seulement personne d’entre nous n’avait jamais fait ce genre d’études — aucun risque qu’on m’y poussât —, mais la possibilité même n’en était pas ouverte dans nos esprits. Nous connaissions l’existence des grandes écoles comme nous connaissions celle des îles Aléoutiennes ou du détroit de Cook : elles étaient lointaines, inaccessibles ; jamais l’idée ne nous serait venue d’y mettre les pieds. »
Vous verrez ! Ça décoiffe !
Bonne lecture !
Olivier Bleys
30 septembre 2009
Apéritif à Menton
Chers amis,
Je rentre de Menton, ville à palmiers et à parfums nichée entre le rocher monégasque et la frontière italienne.
Quelques images de ce bref séjour littéraire et balnéaire. Comme vous pouvez le constater, je commande désormais du Perrier à la terrasse des cafés, accompagné ici de " socca ", la spécialité crêpière au goût poivré dont plusieurs villes de la Côte se disputent la paternité. Et j'écris partout où je peux, sur un beau carnet Moleskine…
17 septembre 2009
Métaphysique scolaire
Chers amis,
Alice et moi sommes en plein débat sur l'école.
La rentrée au cours primaire s'est bien passée.
Cependant, elle observait ce matin devant son verre de jus d'orange :
" C'est nul d'apprendre des choses car quand on apprend des choses, on grandit et, quand on est grand, on veut redevenir petit ! "
Il me reste à lui prouver qu'on peut très bien grandir, hélas, sans avoir rien appris…
Des idées ?

Fragment de son premier jour d'école…
09 septembre 2009
Hommage
Chers amis,
Avant-hier, le cinéaste Elia Kazan, né le 7 septembre 1909 à Istanbul, aurait eu 100 ans.
Je ne suis guère amateur de célébrations, surtout fondées sur des calculs aussi spécieux : l'anniversaire des 100 ans, l'anniversaire du décès, le bicentenaire de la naissance, etc. Les occasions sont trop nombreuses d'alerter les médias sur une actualité contestable ; les fantômes des grands artistes, des grands penseurs, des grands politiciens disparus hantent nos journaux d'une façon parfois accablante.
Elia Kazan
Mais Elia Kazan, c'est différent. Je tiens cet homme pour l'un des cinq plus grands cinéastes du XXe siècle (laissons aux autres une chance !), à égalité avec Orson Welles ou Ingmar Bergman. Sa filmographie est un chapelet de chefs-d'œuvre : Un tramway nommé Désir, Viva Zapata !, Sur les quais, A l'Est d'Eden, America America, Baby Doll, Un homme dans la foule, etc. ! C'est à Elia Kazan que Marlon Brando et James Dean doivent l'essentiel de leur carrière. Plus modestement, c'est à lui que je dois certaines de plus vives émotions cinématographiques.

Elia Kazan avec Marlon Brando, sans doute pendant le tournage de Sur les quais
Ce qui distingue Kazan de tant d'autres cinéastes talentueux, c'est, d'une part, ce sens de l'épopée et du mythe qui insuffle aux premières images de ses films (comme, dans un autre registre, à la plupart des vers de Victor Hugo) une grandeur inimitable ; c'est, d'autre part, l'aptitude presque artisanale à bâtir des histoires bien charpentées, solides, tenant debout. Il est à ce titre l'un des fondateurs de la belle tradition états-unienne, que notre cinéma intimiste et parfois bavard pourrait envier. J'ai moins d'intérêt pour l'aventure pourtant célébrée de l'Actors Studio, dont tant de grands acteurs sont sortis. Kazan était certes un grand directeur de comédiens. Mais il apparaît avant tout, à mes yeux, comme un conteur éblouissant, un grand témoin de l'âme humaine.
06 août 2009
Note de vacances
Chers amis,
Les sujets ne manquent pas dont je pourrais vous entretenir, à mi-chemin de mes congés studieux dans le Sud de la France.
Je pourrais relever, avec fierté, la présence de trois de mes romans dans la sélection de l'été du site Rue 89, sur la recommandation du député Noël Mamère (grâce lui soit rendue), ou celle de mon dernier livre dans la sélection " un été très livre " de la FNAC.
Je pourrais vous signaler, avec espoir, cette étude parue dans le Bulletin des Bibliothèques de France établissant, preuves à l'appui, que " 40 ans est en moyenne l'âge de la
productivité maximum, du « meilleur livre » " pour les écrivains.
Encore un an, donc, avant de culminer…
Mais je préfère vous orienter aujourd'hui vers une lecture plus sérieuse, une lecture susceptible d'engager votre vie comme elle a mobilisé celle de millions d'hommes et de femmes sur la planète. Il est rare qu'un livre suffise à fonder une organisation internationale, organisation perdurant plus d'un siècle après sa publication. C'est le cas du témoignage " Un souvenir de Solférino " d'Henry Dunant, dont la parution devait aboutir à la création de la Croix-Rouge Internationale. Vous avez de la chance : le livre peut être téléchargé gratuitement ici. Je viens de l'importer sur mon disque dur et le lirai dans les prochains jours. Ferez-vous de même ?

Un bouquet composé par ma fille Alice pour ma poche de chemise.
13 juillet 2009
Dans le Monde…
Chers amis,
Le Monde a publié dans son supplément Livres du jeudi 10 juillet un article sur mon dernier roman, Le colonel désaccordé (Gallimard, 2009).
Il est signé Jean Soublin, auteur et journaliste spécialiste du Brésil. Il a notamment publié une Histoire de l'Amazonie et un récit, Je suis l'empereur du Brésil, autour de la désastreuse guerre du Paraguay. Le premier de ces ouvrages m'a aidé à écrire mon propre roman, qui s'achève sur les rives vénéneuses du grand fleuve sud-américain.
Le hasard a fait que cet article voisine avec un autre, bien sûr plus étendu, consacré à Rabelais. Quand on referme le journal, les deux textes se recouvrent… Coïncidence amusante, quand on sait la passion que j'ai nourrie plus jeune pour Rabelais — au point de lui consacrer, en 1994, un mémoire de maîtrise de lettres !
Un portrait méconnu de François Rabelais. L'œil est plus sévère, moins malicieux que sur d'autres représentations...
05 juillet 2009
Faussaire…
Chers amis,
Ma fille vient me trouver, hier, avec des airs de comploteur.
" Papa, si je perds une dent et la mets sous mon oreiller, alors la souris m'apporte un bonbon, n'est-ce pas ?
— Oui, chérie. "
Elle m'explique alors son stratagème : glisser une fausse dent (en papier) au même endroit, dans l'espoir que la souris naïve se laissera piéger !
Ce qu'Alice ignore, c'est que son papa est complice du rongeur !
En s'éveillant demain, ma fille trouvera sous son oreiller… un dessin de bonbon.
Rira bien qui rira le dernier (et à belles dents) !
29 juin 2009
Une rencontre…
Chers amis,
Voici quelques jours, Denis Mollat, patron des librairies du même nom — première librairie privée de France — m'a gentiment convié à un dîner qu'il donnait chez lui. Parmi les invités, tous de grande qualité, figurait le philosophe Michel Onfray.
De son œuvre foisonnante, riche d'une cinquantaine de livres, je connaissais surtout les premiers titres, leur épicurisme militant. J'ai été aussi un auditeur attentif des retransmissions sur France Culture de ses leçons à l'université populaire de Caen.
Si donc j'étais initié à l'homme et à l'œuvre, j'étais loin de penser que la réciproque était vraie — que Michel Onfray m'avait lu et semble-t-il apprécié, au point de se rappeler le titre d'un de mes romans de jeunesse, Le prince de la fourchette, paru aux éditions Arléa en 1995 ! Cet hasard a donné à la soirée un tour inattendu.
Bien sûr, il faut se méfier des compliments quand on écrit. Mais on peut y piocher, de temps à autre, comme on piocherait une sucrerie dans une bonbonnière — sans donc en abuser —, l'énergie de la persévérance. Les témoignages de soutien que m'adressent, de temps à autre, des lecteurs, des journalistes ou d'autres manieurs de plume m'aident à continuer… Quand les formule un homme tel que Michel Onfray, je les accueille d'autant mieux !
19 juin 2009
Gelée tardive
Chers amis,
Je vous annonçais dans un récent message que mon dernier roman, " Le colonel désaccordé " (Gallimard, 2009), avait été sélectionné pour le prix Relay du roman d'évasion.
Le prix a été attribué hier soir à Irène Frain.
Trouble printemps, après un triste hiver. Vivement… l'automne ? Je publie un essai sur les inégalités sociales à la rentrée ; un projet de bandes dessinées que je conduis avec l'excellent dessinateur Yomgui Dumont semble séduire les éditeurs. Si le présent est fade, l'avenir a du goût !
Allez, je dois vous laisser… Les travaux continuent dans ma maison de Bordeaux ; il me reste un peu de rangement à faire dans le jardin (voir photo ci-dessous)…
13 juin 2009
Sur les ondes
Chers amis,
Riche actualité radio pour moi, ce printemps…
Demain, dimanche 14 juin, à 13 h 30, sera diffusée sur France Inter, dans le cadre de l'émission " Au fil de l'histoire ", une pièce radiophonique dont je suis l'auteur. Intitulée " le commerce du vent ", elle retrace l'introduction de la tulipe aux Pays-Bas au cours des XVI et XVIIe siècles. Tendez l'oreille !

Joyeuse compagnie musicale, photographiée au musée de Haarlem comme je documentais " Semper Augustus ", mon roman sur la tulipomanie
























































