23 février 2012
En italien
Chers amis,
La couverture sepia de la toute nouvelle traduction en italien de mon roman Le fantôme de la Tour Eiffel (Gallimard, 2002).
Trois de mes romans sont désormais disponibles dans cette langue, dont Semper Augustus (Gallimard, 2005), paraît-il un best-seller dans la péninsule.
08 janvier 2012
Son dernier mot d'enfant…
Chers amis,
Ma fille a huit ans. Il y a bien longtemps (quelques mois) qu'elle ne prononce plus ces " mots d'enfant " que j'ai scrupuleusement relevés depuis son plus jeune âge, et qui ont nourri de loin en loin la rubrique éponyme de mon blog.
Cependant, avisant ce matin, devant les portes d'un établissement scolaire, un véhicule d'auto-école, Alice a formulé la plaisante hypothèse que voici : ces voitures, bien sûr, devaient servir à accompagner les enfants à l'école — quoi d'autre ?
Hélas ! Combien il m'a coûté de la détromper !
03 janvier 2012
Vieilles lunes…
Chers amis,
Voici, si vous l'avez manquée, la une du site Internet du Monde, quelques jours avant Noël :
Le moins qu'on puisse écrire, c'est qu'elle ne manque pas de relief. Diantre ! Une autre Terre ? Serait-elle habitable, prêtre à accueillir des humains lassés de leur planète, ou désireux de prendre un nouveau départ aux confins de la galaxie ? En y regardant de plus près, c'est-à-dire en lisant l'article, on comprend qu'en fait de " nouvelle terre ", les astronomes n'ont repéré qu'une planète probablement rocheuse, dont les dimensions estimées sont voisines de celles de notre astre et qui d'ailleurs, tant elle est lointaine, est objet de calcul plus que d'observation. Alors ? Cela signifie-t-il que les journalistes, animés naguère du souci d'objectivité, cèdent désormais au sensationnalisme ? Que les gros titres font la loi, au mépris du respect de l'information ? On peut le croire.
Que cette amère méditation ne vous empêche pas de rêver sur les étoiles et, pour commencer, depuis la surface de notre petite planète, d'admirer les aurores magnétiques qui s'y précipitent aux latitudes élevées :
27 décembre 2011
En passant…
Chers amis,
Quelques échos médiatiques — et russophones — de mon séjour en Russie :
Un album photo d'une dédicace en librairie, là
Un entretien (en russe), là encore
C'était à la veille du grand soulèvement auquel nous assistons depuis, et qu'à la vérité, rien ne laissait présager chez ce peuple discret et parfois taciturne.
16 décembre 2011
L'intelligence des pieds
Chers amis,
Je vous conseille cet article sur le fonctionnement du cerveau.
Il valide, entre autres, mon intuition que la marche, bien qu'activité physique, ne distrait pas des activités intellectuelles, mais les nourrit et les stimule, au contraire.
A ce titre, ce passage de l'article est éclairant :
" Selon le Boston Globe, Susan Goldin-Meadow, professeur de psychologie à l'université de Chicago, a découvert que les enfants ayant des problèmes mathématiques s'en tiraient mieux s'ils réfléchissaient en gesticulant. De même, un acteur se remémorera mieux le texte qu'il doit apprendre s'il le fait en bougeant. Aristote, qui enseignait la philosophie en marchant, avait-il déjà entrevu l'existence de ce rapport entre le corps et l'esprit ? "
J'ai donc raison d'avoir entrepris un tour du monde à pied ! ; - ))))
08 décembre 2011
A l'heure russe
Chers amis,
J'ai assisté la semaine dernière à la 13e édition du salon " non / fiction " à Moscou.
C'était mon premier séjour en Russie, ma première percée intérieure dans ce continent dont, somme toute, je n'ai fréquenté que les bordures et les franges : le cap occidental où nous vivons, les péninsules asiatiques… C'étaient aussi de plaisantes retrouvailles avec l'hiver, le vrai, celui dont nos latitudes réchauffées se montrent désormais incapables. Moins dix degrés à Yekaterinburg, moins deux à Moscou — de quoi retenir la neige, composante naturelle du paysage russe même urbain, clair assaisonnement des bouleaux et des églises dont les toits bulbeux semblent formés tout exprès pour laisser glisser les flocons du ciel.
Deux vues de la Place rouge, à Moscou, depuis la cathédrale Saint-Basile
Sans être ennemi de la chaleur, j'ai une certaine prédilection pour le froid. Il présente à mes yeux beaucoup d'avantages, le moindre n'étant pas d'offrir aux hommes et aux femmes des occasions de se vêtir et, donc, de se parer. Sous ces enveloppements de fourrures, de tissus à plusieurs épaisseurs, à l'abri de ces toques soyeuses, les jeunes femmes russes ont des allures de princesses que leur disputent difficilement, me semble-t-il, les beautés dénudées des pays chauds. Leur présence dans les rues de Moscou participe de cette féérie romantique dont la Russie d'aujourd'hui, malgré les brutales convulsions de l'histoire, demeure l'héritière — une féérie à laquelle, pour ma part, je reste attaché. Si " l'âme slave " existe, je la crois mieux incarnée par la somptueuse fantasmagorie des églises d'autrefois, et d'abord de Saint-Basile sur la place Rouge, que par l'austère mausolée de Lénine ou ces milliers de grosses autos qui engorgent désormais les boulevards des métropoles russes.
Saint-Basile, sur la Place rouge, nombril de Moscou, mon pélerinage quotidien dans la capitale
Il est certain que la Russie des tsars est bien oubliée. C'est à peine si elle affleure dans quelques monuments, dans quelques vitrines de musée abritant les étoffes brodées, les coiffes alourdies de joyaux, souvenirs épars des fastes d'autrefois. Dans les grandes villes du pays règne un matérialisme sauvage, celui qu'aussi j'ai vu à l'œuvre en Chine. Son expression est d'abord automobile et vestimentaire : conduire la plus grosse voiture, porter les marques les plus chères, sans goût ni discernement — voilà qui résume l'aspiration des nouveaux riches de Moscou et d'ailleurs. Cet argent n'est pas seulement vulgaire, il est malsain. On devine ce qu'il a fallu d'égoïsme et de brutalité pour munir des jeunes gens d'une fortune aussi considérable, dépensée n'importe comment.
Les nouvelles vitrines de Yekaterinburg, un décor hollywoodien pour comédie musicale
Mais sous ce masque peu avenant, un autre visage de la Russie se découvre. C'est celui d'un peuple qu'un professeur français installé depuis dix ans dans le pays me décrivait " plus attaché aux mots qu'aux images ", un peuple qui continue de donner au livre et à la littérature des preuves d'attachement. La longue file d'attente aux portes du salon de Moscou en témoigne, idem l'affluence des lecteurs aux rencontres littéraires. Peut-être les Russes sont-ils moins nombreux que naguère à réciter les vers de Pouchkine mais il continue, j'en suis sûr, de couler un peu d'encre dans leur sang. Je crois n'avoir jamais trouvé, en aucun pays du monde, d'auditeurs si ouverts, attentifs, sensibles et chaleureux, s'emparant de vos romans comme s'il s'agissait de friandises, buvant à même vos lèvres une parole pourtant ralentie et souvent compliquée par la traduction.
Trois vues d'Yekaterinburg, cité minière de l'Oural
Je me rappellerai longtemps la rencontre des lecteurs (en fait, seulement des lectrices, preuve que les doigts feuilletant nos livres sont presque toujours féminins) dans cette librairie d'Yekaterinburg où l'on avait disposé une petite table, ronde et rouge, un grand bouquet de fleurs, et à l'attention des visiteurs des bancs et des chaises qui n'ont pas suffi à asseoir tout le monde. Les questions fusaient, parfois inattendues : " quelle profession exercent vos parents ? " ; " comment voyez-vous l'avenir de l'humanité ? " Un thé brûlant, quelques gâteaux m'attendaient dans l'arrière-boutique. De même, je garde un souvenir ému de ce vieil homme, chasseur d'autographes, à qui les larmes sont venues en lisant la dédicace pourtant bien banale que j'avais rédigée pour lui. A Biblioglobus, grande librairie moscovite, un couple costumé m'a offert la brioche, le sel et un verre de vodka, cérémonie familière de bienvenue.
La traduction russe de mon roman " Semper Augustus " (Gallimard, 2009), publié aux éditions Astrel de Moscou
Selon mon habitude, j'ai arpenté ces villes à pied. On vante, avec raison, l'aménagement du métro de Moscou, non seulement l'un des plus fréquentés au monde mais aussi l'un des plus fonctionnels et des mieux décorés : certaines stations hébergent de véritables œuvres d'art. Pourtant, aux rames souterraines, comme aux autobus et aux trains, j'ai toujours préféré mes jambes. J'aime à déambuler par les rues, confiant dans ma compréhension rapide des lieux et l'espèce de boussole intérieure qui me guide, au point qu'une carte devient vite superflue (mais non une montre car, à cause de ces marches prolongées, j'arrive partout en retard). A Moscou, je portais les chaussures étrennées lors de la deuxième étape de mon tour du monde à pied, un modèle robuste dont les puissants crampons m'ont gardé debout, même sur les pavés glissants de la place Rouge. Si j'avais disposé de plus de temps, j'aurais sans doute tenté une traversée oblique de la capitale, voire d'en boucler le tour.
Les murailles du Kremlin
Je crois aux pays d'élection, rivaux du pays natal. J'ai éprouvé pour la grande Russie et son peuple un genre de coup de cœur, celui ressenti aussi pour Madagascar. Nul doute que mes pas, déjà orientés vers l'Est, ne m'y ramènent un jour. Mètre à mètre, alors, j'en feuilleterai l'immensité.
22 novembre 2011
La juste échelle…
Chers amis,
Quelle place occupe la Terre dans le cosmos ?
Quel rang tient, parmi les corps célestes, celle qui reste à ce jour la seule planète disponible aux humains ?
Eh bien, la réponse est dans cette série d'images, d'une concision frappante :
Minuscule joyau, donc, mais fort bien taillé, comme l'atteste ce film dont je n'ai pu simplement détacher les yeux :
http://apod.nasa.gov/apod/ap111121.html
02 octobre 2011
Une petite aventure…
A lire jusqu'au bout !
Chers amis,
Le beau temps s'y prêtait. Voici des années que je lorgne sur la piste cyclable " Bordeaux - Lacanau " (70 kms aller) qui relie ma ville adoptive à l'océan. Faute d'avoir pu entraîner quiconque dans cette petite aventure, je me suis lancé, hier matin, sur mon robuste vélo allemand (13 kgs) qui évoquait un char d'assaut auprès des cycles ultra-légers chevauchés par les autres promeneurs — peu nombreux, il faut le dire. J'étais muni d'une bouteille d'eau, d'un maillot de bain, de crème solaire, du même chapeau que je coiffe lors de mes randonnées estivales, d'un plan général imprimé sur Internet, et c'est à peu près tout.
Il m'a fallu un peu moins de quatre heures, depuis mon pas de porte (je tenais à n'emprunter aucun véhicule), pour rejoindre la mer. La piste était facile, rectiligne, monotone, parfois, comme peuvent l'être ces paysages à pins maritimes du Sud-Ouest se déployant sur des milliers d'hectares.
Le lac de Lacanau, silencieux, immobile ; un peu inquiétant…
Enfin, l'océan…
La plage, peuplée mais sans excès, m'a donné l'occasion d'une des dernières baignades de la saison. Lecture, bain, lecture… Mais le soleil déclinait et, vers 19 h, j'ai songé à repartir.
J'avais rencontré peu de monde à l'aller — et personne roulant dans ma direction ; les cyclistes chevronnés étaient partis plus tôt dans la matinée —, je savais devoir faire seul le trajet du retour.
Cette bouche de la pinède, promesse d'ombre et de silence, semblait ouverte pour m'engloutir !
J'abordais ce trajet sans appréhension, confiant non dans mon matériel (pas de lampe-torche, pas de kit crevaison, un simple pull…) mais dans mon ange-gardien, et une constitution physique rarement prise en défaut. De fait, après déjà 70 kms de piste, je n'étais pas fatigué ni n'éprouvais la moindre courbature. Je m'élance donc sur la route, dans la pénombre et le silence. Or, voilà qu'après une vingtaine de kms, ma seule lumière, le phare avant de ma bicyclette… s'éteint. Faux contact ? Ampoule grillée ? Mes tentatives de réparation, à la lueur du téléphone portable, vont bien sûr échouer. Me voici dans l'obscurité, pour les 50 kms restants !
Dans les espaces dégagés, à la lueur de la lune (mais basse sur l'horizon, dans son premier quartier seulement), j'entrevois la bordure claire de la piste. En revanche, dès que se referme le couvert des arbres, c'est une ombre dense, impénétrable, où mes seules sensations sont auditives. Je choisis quand même d'avancer. C'est cela ou dormir dans la forêt ; personne n'emprunte la piste de nuit et, à pied, dans un sens ou dans l'autre, il me faudrait des heures pour atteindre la première habitation — d'ailleurs, je n'y verrais pas plus ! La forêt entre Lacanau et la banlieue de Bordeaux est un vrai désert.
La lune, dans son premier quartier, faible clarté pour éclairer mon chemin
Me voici donc, pédalant dans l'ombre, m'enfonçant dans un puits entièrement noir, donnant toutes les dix secondes un coup de sonnette pour avertir les animaux de ma présence (les Landes sont infestées de sangliers). Par chance, le ciel est clair et la nuit étoilée : je voyage au ciel plutôt qu'à la surface de la Terre. Enfin, après une trentaine de kms à l'aveuglette, le premier réverbère, les premières habitations. Je baigne dans la lumière des rues et des maisons. Le pâle éclairage urbain m'éblouit. Il me semble sortir d'une grotte — ou bien toucher terre, après un vertigineux voyage dans les constellations.
Cette petite aventure aurait pu mal finir, mais elle restera l'une des plus étonnantes que j'ai vécues sans trop m'éloigner de chez moi… Qui pour m'accompagner, la prochaine fois ?
28 septembre 2011
En librairie…
Chers amis,
Le tome II de la série en trois volumes que je cosigne avec le dessinateur Yomgui Dumont chez Vents d'Ouest, " Chambres noires " est en librairie aujourd'hui. Précipitez-vous !
L'argument résumé — intelligible surtout aux lecteurs du tome I, car c'est une histoire à ficelles et à rebondissements :
" Louise et Tristan, les jumeaux Pénouquet, ont été enlevés. La famille mène l'enquête.
Lazare et Bertille ont déchiffré le message du fantôme intrus sur les photographies, mais sont maintenant aux prises avec la police.
L'oncle Arsène et Gang fréquentent la table d'un bien étrange personnage.
Ninon explore l'au-delà, et Samson le fond de sa bouteille...
Sur tous plane l'ombre venimeuse de la Salamandre !
Les Pénouquet échapperont-ils aux griffes de leurs ennemis ? "
Bonne lecture !
13 septembre 2011
Quand la grammaire est glamour…
Chers amis,
Je partage volontiers avec vous cet extrait de Les Mots du français, d'Albert Hamon, un grammairien récemment disparu, qui nous livre un échantillon d'étymologie insolite :
" Grimoire est le doublet populaire de grammaire (écrit souvent autrefois avec un seul m) ; le grammairien, au Moyen Age, passait pour sorcier auprès de la masse, illettrée ; le grimoire était le livre des magiciens et des sorciers ; passé en anglais, et devenu gramarye, le mot y a signifié magie ; puis, le mot se déformant (le r devenant l), les Anglais ont formé le mot glamour, qui signifie charme magique, enchantement, éclat prestigieux. "
De quoi méditer…
Merci au blog des correcteurs du Monde, qui m'a fourni cette citation.
Au rayon de l'étrange, voici encore un fruit ramassé au pied d'un arbre du jardin public de Bordeaux, dont ma fille et moi nous sommes régalés. Un goût proche de la mangue, une texture de goyave, des graines ressemblant à celles de la pomme-cannelle… Qui d'entre vous peut l'identifier ?













































































